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Dossier Spécial Serguei Loznitsa
Dossiers/Entretiens le 15 mai 2026
À mesure que l’Europe de l’Est s’enfonce dans une guerre devenue autant militaire que médiatique, le cinéma de Sergei Loznitsa acquiert une résonance presque prophétique. Rarement un cinéaste contemporain aura filmé avec une telle précision la manière dont le pouvoir infiltre les regards, organise les foules et transforme la représentation en instrument de domination.Lire la suite... -
57e édition de Visions du Réel, Nyon
Festivals le 15 mai 2026
La 57e édition de Visions du Réel s’est conclue le dimanche 26 avril. Cette année encore, le festival dédié au cinéma documentaire a rassemblé un large public avec une fréquentation en hausse d’environ 20% par rapport à 2025. Pour la dernière édition d’Emilie Bujès, actuelle directrice artistique, 164 films issus de 75 pays ont été présentés, dont 58 premiers films et 83 premières mondiales. Fidèle à son poste, l’équipe de Ciné-Feuilles était présente à Nyon sur la Place du Réel, mais surtout dans les salles obscures, pour vous livrer son regard sur les œuvres qui ont marqué cette édition.Lire la suite... -
Mémoire de forme
Editos le 15 mai 2026
Dans La Méthode (1), Edgar Morin décrit le vivant, les sociétés et les récits comme des systèmes en perpétuelle recomposition. Rien n’y demeure totalement stable, car toute disparition laisse des traces et chaque effondrement prépare déjà de nouvelles formes. Chez Edgar Morin, toute organisation vivante contient ses propres dynamiques de transformation et de régénération. Ce nouveau numéro de Ciné-Feuilles s’inscrit dans cette idée du mouvement permanent, car à travers des récits de transmission, de mémoire et de renaissance, les films du mois de mai interrogent les fins de cycle autant que les dynamiques de renouveau. Qu’ils observent la nature, les héritages politiques ou les liens familiaux, tous partagent une même attention au temps, à ses métamorphoses et à ses recommencements.Lire la suite... -
Que faire du commun?
Editos le 16 avril 2026
Lire la suite...Notre époque ne cesse de produire des espaces de rassemblement: communautés en ligne, groupes d’affinités, cercles de pensée ou d’influence. Loin de disparaître, le collectif semble se reconfigurer en permanence. Mais derrière cette multiplication des «nous», comment se construit une communauté - et que fait-elle, nécessairement, de ce qui la dépasse? On croyait pourtant avoir épuisé la question du collectif. Trop de discours, trop d’injonctions à «faire lien», à «faire groupe», à «faire sens ensemble». Et pourtant, jamais peut-être n’avons-nous autant cherché à appartenir, à quelque chose, à ...
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40e édition du FIFF de Fribourg
Festivals le 16 avril 2026
Avec une fréquentation de plus de 50’000 personnes l’an dernier, le Festival international du film de Fribourg (FIFF) continue à s’affirmer comme une véritable institution du paysage culturel fribourgeois. Comme à l’accoutumée, sa programmation a été marquée par une grande diversité géographique: 114 films en provenance de 62 pays différents. Ce qui reflète la volonté du festival d’être un événement résolument ouvert sur le monde.Lire la suite... -
24e édition du FIFDH de Genève
Festivals le 16 avril 2026
À nouveau, les salles du Grütli et du théâtre Pitoëff étaient le plus souvent combles pour accueillir les projections et les débats d’une programmation entrant largement en écho avec l’actuel désordre de la géopolitique mondiale. Ce ne sont pas moins de 32’000 spectateurs qui ont arpenté les salles obscures durant les dix jours du festival.Lire la suite... -
Entretien avec Moris Freiburghaus et Dino Brandão
Dossiers/Entretiens le 16 avril 2026
À l’occasion de la projection des films nominés au Prix du cinéma suisse, organisée en mars dernier au Cinéma Bio à Genève, nous avons rencontré les Zurichois Moris Freiburghaus et Dino Brandão, co-auteurs de I Love You, I Leave You. Le lendemain de cet entretien, leur film remportait à la fois le Prix du Meilleur documentaire et celui de la Meilleure bande originale - un doublé remarquable pour cette production du collectif Sabotage.Lire la suite... -
Les jeunes plumes du Gymnase de Burier
Les jeunes plumes du Gymnase le 16 avril 2026
Dans le cadre du cours facultatif de cinéma proposé au Gymnase de Burier par notre rédactrice et professeure de français Sabrina Schwob ainsi que par la professeure Marjorie Tille, les élèves cinéphiles ont la possibilité de publier leurs critiques dans Ciné-Feuilles. Cette rubrique leur offre un espace d’expression pour partager avec nos lectrices et lecteurs leurs enthousiasmes, leurs interrogations ou leurs déceptions face à des films choisis librement, tout en leur permettant d’exercer et d’affirmer leur esprit critique face aux images.Lire la suite... -
Dossier spécial Hong-Sang Soo
Dossiers/Entretiens le 16 avril 2026
À l’occasion de la sortie de Ce que cette nature te dit, Hong Sang-soo poursuit, avec une constance presque troublante, un même geste: reprendre les situations les plus simples - parler, boire, se rencontrer - pour en déplacer, film après film, les lignes les plus infimes. Ce dossier propose d’entrer dans ce cinéma de la variation, fait de paroles qui trébuchent, de corps en léger décalage, et situations qui reviennent sans jamais se résoudre. Ici, l’insignifiant devient matière, le hasard ouvre des brèches, et la mise en scène - sous son apparente simplicité - agence un réseau discret de tensions, de silences et d’écarts.Lire la suite... -
Un passé sans images
Editos le 12 mars 2026
Certains films naissent d’une absence, certaines images arrivent trop tard. D’autres, le cinéma doit les inventer. Car la mémoire collective n’est jamais complète, ponctuée de silences, de ruptures, voire d’images manquantes - et désormais facilement falsifiables. Le philosophe Walter Benjamin écrivait en 1940 dans ses Thèses sur le concept d’histoire (1) que le passé surgit par éclairs dans le présent, lorsque celui-ci tente de comprendre ce qui l’a précédé. Le cinéma sait accueillir ces fragments et les recomposer en témoignages et récits, pour faire apparaître un savoir souvent lacunaire.Dès les années 1950, certains films interrogent cette question, à l’instar de Nuit et brouillard (1956), où Alain Resnais mêle images d’archives et paysages contemporains des camps nazis pour montrer comment les lieux eux-mêmes portent encore l’empreinte des événements. Plus tard, avec Shoah (1985), Claude Lanzmann choisit de ne montrer aucune archive, et traduit un héritage qui n’existe plus que dans la parole des survivants, ainsi que dans les paysages d’aujourd’hui. Cette réactivation de la mémoire rappelle la pensée d’Aby Warburg et sa notion de Nachleben, la «survivance» des images, développée dans son projet inachevé L’Atlas Mnémosyne (2) (1924-1929), selon laquelle les formes visuelles traversent les siècles et réapparaissent dans d’autres contextes historiques.Lire la suite...