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Entretien avec Dea Gjinovci
Festivals le 12 mars 2026
Née en Suisse de parents kosovars, la cinéaste Dea Gjinovci explore depuis plusieurs films les territoires sensibles de l’exil, de la mémoire et de l’héritage familial. Avec La Beauté de l’âne, elle entreprend un retour au Kosovo aux côtés de son père, Asllan, contraint de quitter son village dans les années 1960 et resté longtemps éloigné de sa terre natale. Ensemble, ils reviennent à Makermal, un village profondément marqué par la guerre et par l’effacement des lieux et des visages qui peuplaient autrefois ses souvenirs. Entre documentaire et reconstitutions performatives réalisés avec les habitants du village, le film met en scène la reconstruction fragile d’une mémoire transmise, transformée, et parfois perdue.Lire la suite... -
76e édition de la Berlinale
Festivals le 12 mars 2026
«Qui soutient qui?» Tel aurait pu être le slogan de cette 76e édition berlinoise. Comme la plupart des grands festivals ces trois dernières années, elle n’a pas échappé aux remous de l’actualité internationale: débats, prises de position, déclarations publiques ont souvent occupé un espace conséquent. Mais ces vagues n’étaient pas tant liées à la qualité des films en compétition qu’aux discours qui les entouraient, laissant poindre un constat désolant: le cinéma est bel et bien sommé de répondre à autre chose qu’à lui-même, indépendamment de sa facture ou de sa justesse. Dans d’autres domaines, on parlerait volontiers de déplacement d’influence, mais dans le champ cinématographique, on déguise cela en prise de position.Lire la suite... -
61e édition des Journées de Soleure
Festivals le 12 mars 2026
L’ouverture du festival a été marquée par une soirée où le brouillard s’était à nouveau invité dans la charmante vieille ville de Soleure, lui donnant un aspect aussi fantomatique que mystérieux. Comme à l’habitude, le public et les professionnels du cinéma se sont pressés en masse à la Reithalle, dont les 900 places étaient combles pour l’ouverture des festivités. Ce ne sont ensuite pas moins de 65’000 spectateurs qui ont arpenté les salles pour découvrir une programmation comptant 93 longs métrages et 71 courts, dont 68% de documentaires et 32% de fictions.Lire la suite... -
Deux procureurs
Un Regard Sur le 12 mars 2026
Au milieu des purges staliniennes, une lettre de détenu trouve son chemin vers un jeune procureur. Sensible aux injustices, ce jeune fonctionnaire biberonné à l’idéalisme d’État tentera de renverser la machine bureaucratique de répression mise en place. Pour sa fable en forme d’avertissement au monde contemporain, Sergei Loznitsa infuse sa mise en scène d’une longue tradition libertaire soviétique.Lire la suite... -
33e Festival du film fantastique de Gérardmer
Festivals le 12 mars 2026
Accompagné de trois confrères cinéphiles, nous avons traversé les départementales vosgiennes jusqu’à Gérardmer, une ville du nord-est de la France connue à l’origine pour son domaine skiable mais également pour son Festival du film fantastique qui, en 2026, passe le cap de la 33e édition.Lire la suite... -
À propos du travail gratuit
Editos le 12 février 2026
Dans la sphère du domicile, le travail gratuit constitue une règle tacite ancienne, qui n’a rien d’exceptionnel, puisqu’il est considéré comme naturel et nécessaire, cantonné aux travaux domestiques et au soin. Longtemps attribuée aux femmes par défaut, cette économie souterraine composée de dévotion, d’heures non comptées et d’effort sans salaire, a pourtant été la base de l’économie officielle. Parlons aujourd’hui d’une notion clé des affaires culturelles helvétiques: la massification du bénévolat au sein de l’organisation culturelle, en particulier dans le champ de l’événementiel, de l’art contemporain, de la presse mais aussi et de plus en plus dans celui du cinéma. Bien que le pays n’ait jamais été aussi riche, la tendance demeure à la hausse. Alors, pourquoi continue-t-on d’exploiter la culture et les femmes? Ce parallèle n’a pourtant rien d’étrange, puisque tout comme le travail domestique, le travail culturel s’appuie sur une fiction tenace et rétrograde: la vocation n’aurait pas besoin d’argent. On ne travaillerait donc pas contre rémunération, mais pour la cause, l’engagement remplaçant le salaire; et en guise de reconnaissance symbolique, gardons donc le symbole comme rétribution matérielle. Dans la majorité des cas, cette gratuité n’est plus un choix mais se voit imposée, sélectionnant les profils qui peuvent se permettre de travailler sans salaire, excluant silencieusement les autres classes sociales plus modestes, comme au siècle dernier.Lire la suite... -
27e édition du Black Movie, Genève
Festivals le 12 février 2026
De retour en terres genevoises pour sa 27e édition, le Festival international de films indépendants Black Movie a accaparé les écrans de la Capitale de la paix du 16 au 25 janvier pour y déployer sa fameuse sélection: 104 films, dont 48 longs et 56 courts, glanés çà et là dans les courants des eaux alternatives.Lire la suite... -
Dossier Spécial: Sinji Sōmai, l'intranquille du cinéma japonais
Dossiers/Entretiens le 12 février 2026
Shinji Sōmai (相米慎二), né le 13 janvier 1948 à Morioka, dans la préfecture d’Iwate, mort prématurément le 9 septembre 2001, est l’un des cinéastes les plus singuliers et les plus sous-estimés du Japon de l’après-Seconde Guerre mondiale. En l’espace de vingt années d’activité, il réalise treize longs métrages au parcours polymorphe, oscillant entre films populaires, expérimentations formelles et drames humains profondément sensibles.Lire la suite... -
Jeux dangeureux
Un Regard Sur le 12 février 2026
To be or not to be, c’est l’audace faite film, pour un sommet de comédie noire qui se tient fièrement au niveau du Dictateur de Chaplin (1940) autant dans son ambition que dans sa portée politique.Lire la suite... -
Cinquante nuances de blanc
Editos le 15 janvier 2026
Proclamée couleur de l’année 2026 par l’entreprise américaine Pantone, la nuance «Cloud Dancer» (PQ-11-4201TCX), tirant vers la teinte grège cotonneuse, à cheval entre le beige clair et le gris, anime les colonnes de la presse outre-Atlantique. Car si les tendances esthétiques sont présentées comme dictées par l’industrie, et plus grossièrement diffusées par le marketing médiatique - la Mode en cheffe de file -, elles donnent volontiers place à l’interprétation ainsi qu’aux savantes analyses de la part des spécialistes et journalistes de tout bord, qui se lancent à cœur joie dans la psychanalyse colorimétrique. TIME relaie d’ailleurs l’argumentaire du communiqué de Pantone tel un programme: «Une affirmation consciente de la simplification: Cloud Dancer renforce notre concentration, en nous libérant de la distraction des influences extérieures»1. Et le vocabulaire employé trahit déjà l’usage qu’on veut faire de cette teinte en prescrivant une disposition intérieure, car ce «blank canvas» n’est pas vide: il est déjà tendu et prêt à recevoir ce qui convient (et à effacer ce qui dérange).Lire la suite...