A notre propos

Ciné-Feuilles est un bimensuel oecuménique de critiques de films.  Fondé en 1981 à Lausanne (Suisse), il est édité par Médias-pro (Office  protestant des médias) et se présente sous la forme d'un cahier au  format A5 illustré en noir et blanc.

Cette revue désire être le reflet d'un regard œcuménique sur  l'actualité cinématographique en Suisse romande, un regard humaniste  promouvant des films de qualité, rencontrant facilement ou non leur  public.

Au sommaire de chaque numéro

L'équipe de rédaction

Toute l’équipe de Ciné-Feuilles est passionnée de cultures et d’arts. À  ses yeux, le cinéma aide à déchiffrer le monde, ce qui explique le  regard humaniste qu’elle porte tant sur le cinéma de fiction que  documentaire. Si chaque membre devait aujourd’hui retenir deux films  (parmi tant d’autres possibles), l’un antérieur, l’autre postérieur à  l’an 2000, les choix personnels seraient les suivants:

La genèse de Ciné-Feuilles

Depuis fort longtemps, les Eglises, catholique-romaine en  particulier, se sont intéressées aux arts. Nouveau venu dans la  corbeille, le cinéma ne tardera pas à susciter l’intérêt, d’autant plus  qu’à ses débuts il fut un art populaire qui trouva sa place sur les  champs de foire (voir Méliès).

Ce faisant, les hommes en soutane poursuivaient deux objectifs  totalement différents. Il s’agissait d’abord d’exercer une sorte de  censure sur des images qui véhiculaient toutes sortes d’idéologies (voir  le curé de CINEMA PARADISO). Les communistes ne s’y sont pas trompés  qui, eux aussi, ont trouvé là matière à propagande ou à tout le moins  une réflexion sur nos sociétés occidentales.

Mais pour être juste, l’OCIC (Office catholique international du  cinéma), devenu Signis, va inciter les croyants à rejoindre l’homme dans  ses drames comme dans ses joies. Il s’agissait donc de le découvrir  avec ses souffrances et ses joies, ses désespoirs et ses aspirations,  sans oublier celui d’ailleurs, d’une autre culture et d’une autre  religion.
Tout cela emballé dans le romanesque et dans une machine à faire rêver. La prolifération des ciné-clubs a marqué une époque.

À un moment où les Églises réformées voient avec angoisse leur public  se raréfier, des pasteurs découvrent un outil de travail dans le 7e art  - pour le moins dans les œuvres élitaires -, car on est loin du champ  de foire.

Des offices du cinéma voient le jour qui ont pour objectif de mettre  en évidence des œuvres de qualité et de conduire le spectateur à  choisir. Ce fut le cas en Suisse romande où des pionniers vont,  projecteur et écran à la main, organiser des séances commentées. On peut  citer, pour leur rendre hommage, le pasteur Duruphty à Neuchâtel,  Francis R. Nicolet à Genève, Max Perrier à Fribourg, André Béart à  Lausanne, puis le pasteur vaudois Paul Glardon qui donna une impulsion  décisive à cette activité. Ces offices ne tardèrent pas à fusionner sous  le sigle OPC (Office protestant du cinéma).

Mais la télévision vint jeter le trouble et exerça une concurrence  sans merci. L’OPC, auquel se joindront Yvan Stern et l’Office catholique  du cinéma, constitua une petite équipe présidée par le soussigné. Elle  consacra ses efforts à l’édition de CINE-FEUILLES.

Né en 1981, vivant de ses propres moyens - donc en toute indépendance -, il mérite sa place et pour longtemps encore.

Maurice Terrail *

Maurice Terrail

Né en 1933, Maurice Terrail a d'abord été pasteur de paroisse puis,  en 1968, directeur de l'Office protestant du cinéma de l'Eglise  évangélique réformée du canton de Vaud (devenu romand dans la foulée).  Chroniqueur et animateur, il a créé en 1974 le Jury œcuménique du  Festival de Cannes. L’école publique prenant le relais en termes  d’initiation au cinéma puis aux médias, il fonde le Cercle d’études  cinématographiques, qui réunit chaque saison d’hiver des centaines  d’adultes.

Le cinéma – relayé par la télévision – devenu un vecteur culturel de  premier plan, un bulletin œcuménique, Ciné-Feuilles, vit le jour en  octobre 1981 sur l’initiative de Maurice Terrail, qui dirigeait alors  tout à la fois l’Office protestant romand du cinéma et le service des  émissions protestantes de la Télévision romande. Dans cette publication,  pas de censure, mais la mise en évidence des œuvres de qualité qui  laisseront passer une lueur d’espérance et seront porteuses d’un peu  d’amour.