My Little One

Affiche My Little One
Réalisé par Frédéric Choffat, Julie Gilbert
Pays de production Suisse
Année 2019
Musique Kristoff K. Roll
Genre Drame
Distributeur Agora
Acteurs Mathieu Demy, Anna Mouglalis, Vincent Bonillo
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 807

Critique

Frédéric Choffat, photographe et cinéaste suisse, a tourné plusieurs documentaires depuis 1998, sur les problèmes de l’immigration en particulier.

En 2006, Frédéric Choffat réalise son premier long métrage de fiction, plusieurs fois primé, La Vraie Vie est ailleurs, une histoire de destins croisés, de routes différentes suivies par plusieurs voyageurs. En 2011, en collaboration avec la scénariste et cinéaste Julie Gilbert, il tourne Mangrove, récit d’une Française qui débarque avec son jeune fils dans une région perdue du Mexique, là où elle avait vécu plusieurs années auparavant: une manière de réexaminer le passé en fonction du présent.

Même démarche dans My Little One. On se trouve cette fois-ci dans le désert des Navajos, en Arizona, là où Jade (Anna Mouglalis), ancienne star de la chanson - elle a une voix basse très particulière - vient de lancer un appel urgent à deux de ses anciens amants: Alex (Vincent Bonillo) et Bernardo (Mathieu Demy), tous deux dans la quarantaine, qui n’ont plus croisé Jade depuis plus de dix ans et qui vont se retrouver à un arrêt de bus perdu au milieu du désert, sans connaître les raisons de cette «convocation» dans le pays des Indiens. Aux côtés de Jade, qui vit dans une grande et luxueuse caravane, Alex et Bernardo feront la connaissance de Frida (Ruby Matenko), la fille de Jade. Ils découvriront les secrets de ce petit monde et comprendront peu à peu que quelque chose d’important les attend, sans imaginer toutefois que leur vision de l’existence va considérablement se modifier.

My Little One témoigne d’une bonne maîtrise du récit, le cinéaste révélant pas à pas les éléments importants de l’intrigue, ne bousculant pas le spectateur qui peut dès cet instant se concentrer sur le moment présent. Les décors participent d’une certaine manière à la narration: «Le désert est un huis clos ouvert, dit Frédéric Choffat, obligeant les personnages à se confronter et à aller au bout d’eux-mêmes». La mise en scène, l’émotion des personnages et leurs gestes sont discrets, le centre de gravité du film se rapprochant peu à peu de Frida, la petite fille espiègle de Jade. Les différentes séquences du film se succèdent avec naturel tout en maintenant attention et curiosité. On aurait toutefois souhaité en savoir un peu plus sur les trois protagonistes principaux: qu’en est-il de leurs vies antérieures, et de la carrière de chacun? comment Jade a-t-elle vécu la sienne, celle d’une chanteuse avec un enfant? pourquoi s’est-elle établie dans ce coin désertique de l’Arizona? Ces détails - importants dans l’optique du film - manquent souvent à l’appel…

 A noter que le film comporte aussi une petite composante «documentaire» dans la mesure où l’on croise quelques Indiens Navajos, témoins d’une autre culture et vivant dans des conditions particulières. Mais le film ne s’y attache pas trop, restant avant tout un récit intime et un drame personnel tout en sensibilité retenue.


Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 16