Profil

De chaque instant

Affiche De chaque instant
Réalisé par Nicolas Philibert
Titre original De chaque instant
Pays de production France
Année 2018
Durée
Genre Documentaire
Distributeur Adok films
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 796
Bande annonce

Critique

Ce film est né d’une hospitalisation aux urgences du réalisateur suite à une embolie. Une fois guéri, ce dernier a concrétisé un souhait, celui de rendre hommage au personnel soignant.

Après avoir filmé les élèves d’une école communale dans Être et avoir (2002), ou encore intégré le monde de la radio dans La Maison de la radio (2013) en présentant les coulisses et les mystères d’un média dont le son est une matière pourtant invisible, il propose avec ce nouveau documentaire un univers concret et difficile: celui des infirmiers et infirmières confrontés à la souffrance morale et physique, à la fragilité de l’être humain, à la maladie, à la mort.

Ce témoignage se déroule à l’Institut de la Croix Saint-Simon à Paris. Il se découpe en trois parties, allant de la théorie à la pratique. Durant l’école, l’enseignement est virtuel. Les patients ne sont présents que dans des dossiers, n’existent que sur le papier. Les entraînements se font sur des poupées, mais les étudiants restent à distance. Avec les stages, deuxième partie de l’œuvre, le choc est immense: ils entrent dans le monde réel. Pour les élèves, la confrontation avec la souffrance est une épreuve. Ils doivent apprendre à toucher les malades et cette action n’est pas anodine: il s’agit à la fois d’acquérir la maîtrise de gestes précis et techniques tout en entrant en contact avec un corps, ce qui peut éveiller une gêne chez certains.

Les émotions accumulées durant la formation sont livrées au spectateur durant la troisième partie du film, au moment des évaluations. Quelques étudiants révèlent leur angoisse et leurs peurs. D’autres évoquent aussi la difficulté de résister au stress et d’être encadrés correctement lorsque les différentes équipes hospitalières sont en sous-effectif. Ils font ainsi face au manque de ressources aussi bien financières qu’humaines. Ils prennent conscience de l’écart entre les beaux principes enseignés à l’école et la réalité du terrain.

Nicolas Philibert tout en exposant les difficultés de la profession, dénonce, d’un point de vue politique, par le retour des protagonistes, les lacunes provoquées par la loi du rendement. Il confie par ailleurs lors d’une interview: «Donner à entendre la parole de ces futurs soignants, qui sont voués à rester dans l’ombre, montrer leur détermination, leur dignité, mais aussi leurs craintes, leurs doutes, leurs fragilités, est en soi une démarche politique. Les efforts, les sacrifices que beaucoup d’entre eux doivent faire pour mener leurs études - tout en travaillant à côté - sont très perceptibles dans le film.»

Ce documentaire est une belle photographie de la formation d’infirmiers et d’infirmières, confirmant qu’avant d’être un métier, cette activité est avant tout une vocation.


Nadia Roch

Appréciations

Nom Notes
Nadia Roch 16
Sabrina Schwob 14