Odyssée de Pi (L')

Affiche Odyssée de Pi (L')
Réalisé par Ang Lee
Pays de production U.S.A.
Année 2012
Durée
Musique Mychael Danna
Genre Aventure, Drame
Distributeur Fox-Warner
Acteurs Tabu, Irrfan Khan, Rafe Spall, Suraj Sharma, Adil Hussain
Age légal 10 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 671
Bande annonce

Critique

Pas besoin d’avoir fait de grandes études pour savoir que le mot anglais «life» signifie «vie». Or, pour la VF, le film a été traduit «L’Odyssée de Pi». Grave erreur, car non seulement la partie «Odyssée» ne prend qu’à peine plus de la moitié du film, mais en plus ce n’est pas la plus intéressante.

Adapté du best-seller du québécois Yann Martel, le film s’ouvre sur la rencontre entre un indien quinquagénaire, Pi Patel (Irrfan Khan), et un écrivain avide d’apprendre une histoire qui lui donnerait envie de croire en Dieu. Pi va lui raconter son enfance. Ces premières 45 minutes nous permettent d’apprendre énormément de choses intéressantes sur l’histoire, la musique, l’éducation, les croyances et la vie quotidienne de l’époque à Pondichéry (alors encore colonie française). On oublie très vite qu’on est censé assister à l’aventure d’un garçon et d’un tigre sur un radeau perdu dans l’océan, et on se laisse porter, comme avec un excellent documentaire, par les images qui nous font sentir le goût du riz.

Ensuite commence la partie «Odyssée», et les choses se gâtent. A force d’insister sur le courage et la volonté du héros, le film accumule les évidences («L’instinct de survie permet de tout faire sauf d’apprivoiser un tigre»). Il souffre également de quelques longueurs: outre l’inutile et moralisateur dernier quart d’heure, le réalisateur quitte le récit pour abuser du poétique et du pathos: le ballet des méduses dans le clair de lune, l’apparition de la baleine, le tout à grands renforts de violons visuels et musicaux. Dommage, l’histoire était suffisamment forte et initiatique sans cela.

A noter encore, une savoureuse apparition-éclair de Gérard Depardieu. Un film à voir en famille, et bien parti pour casser la baraque. De superbes images, de l’émotion, des animaux, des musiques du bout du monde, une fable initiatique et une morale (trop) simple. Bref, tout pour être bien placé dans la course aux Oscars. Espérons simplement que ce n’était pas l’unique but du réalisateur.

Note: 14

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Nadia Roch 14
Anne-Béatrice Schwab 9
Philippe Thonney 13