Fils de l'homme (Les)

Affiche Fils de l'homme (Les)
Réalisé par Alfonso Cuarón
Pays de production Grande-Bretagne, U.S.A.
Année 2006
Durée
Musique John Tavener
Genre Science fiction, Thriller, Drame
Distributeur United International Pictures (UIP)
Acteurs Julianne Moore, Michael Caine, Chiwetel Ejiofor, Clive Owen, Charlie Hunnam
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 535
Bande annonce

Critique

Grosse production UIP réunissant des acteurs de talent, LES FILS DE L'HOMME navigue péniblement entre la science-fiction, la fable (sur)chargée de symboles et le film-poursuite. Avec pourtant une idée de départ non dépourvue d'intérêt.

On est en 2027 et la planète Terre n'a plus connu la moindre naissance depuis 20 ans. Résignées ou désespérées, toutes les nations du globe ont sombré dans une violence nihiliste. Seule la Grande-Bretagne a évité l'anarchie complète, devenant l'ultime refuge des habitants d'un univers déboussolé. Gouverné par un régime totalitaire, le Royaume-Uni lutte par tous les moyens contre un très fort courant d'immigration clandestine. Théo (Clive Owen), bureaucrate chargé d'appliquer la loi, sera amené, sur l'ordre d'une ancienne compagne, Julian (Julianne Moore) et avec l'aide de son vieil ami Jasper (savoureuse composition de Michael Caine), à protéger Kee (Clare-Hope Ashitey), une clandestine porteuse (en son sein) d'un petit espoir de sauver le genre humain...

On aurait souhaité rencontrer, ne fût-ce qu'un instant, quelque fable moderne, amère peut-être, mais titillant l'actualité. Espoir vite déçu, l'accent est mis sur le spectacle. On avait connu le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron mieux inspiré (Y TU MAMA TAMBIEN, 1998). Les potions magiques de HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D'AZKABAN ne lui ont sans doute pas convenu, même si l'on peut mettre ici à son actif un sens aigu de l'image (composition réaliste des décors, utilisation réussie de la lumière et des couleurs, bonne maîtrise des scènes d'action). Le scénario - adapté d'un roman - est en revanche très linéaire et le montage plat. Passé le premier tiers du film, il n'y a plus qu'une longue et classique course-poursuite, sans intérêt et dont l'épilogue optimiste - sinon comment justifier un tel carnage? - est couru d'avance.

Peinture d'un monde violent, stérile et sans avenir, LES FILS DE L'HOMME se veut peut-être signal d'alarme, mais la boursouflure de ce film de science-fiction conduit à l'impasse et se dilue dans la folie meurtrière. Seul Théo, qui paraissait au premier abord être revenu de tout, réussira à prendre en main le destin de Kee et à donner une petite touche positive à un film qui, lourdement, essaie de dire que l'humanité a encore une petite chance de survie.

Antoine Rochat