Ma vie sans moi

Affiche Ma vie sans moi
Réalisé par Isabel Coixet
Pays de production Espagne, Canada
Année 2003
Durée
Musique Alfonso Vilallonga
Genre Drame
Distributeur ARP Sélection
Acteurs Sarah Polley, Mark Ruffalo, Leonor Watling, Deborah Harry, Julian Richings
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 473
Bande annonce

Critique

"Réalisé par l'Espagnole Isabel Coixet, MA VIE SANS MOI est un film sur la vie qui s'en va doucement, sans frayeur et sans larmes, et surtout un beau portrait de femme.

Anne (Sarah Polley), 23 ans, vit dans une caravane, au fond du jardin de sa mère, avec son mari au chômage et ses deux filles. Elle fait le ménage le soir dans une université. Elle est en froid avec sa mère et son père est en prison. Une vie simple, pas rose du tout, cependant heureuse. Elle est jeune, mais bien loin du temps de l'insouciance. Un étrange malaise la mène à l'hôpital. Elle pensait s'en sortir avec un diagnostic d'anémie et c'est avec le poids d'un cancer foudroyant qu'elle se retrouve, un cancer qui va lui laisser à peine deux mois à vivre. ""La vie était un rêve et tu viens de t'éveiller"", dit-elle. Deux mois qu'elle choisit de passer en tête-à-tête avec elle-même, en ne disant rien à ses proches. Elle dresse alors la liste de ses priorités, de ses envies, de ses rêves.

""Dire plusieurs fois par jour à mes filles que je les aime."" Ses deux petites, elle les chérit. Leurs voix, leurs rires, leurs regards innocents, leurs peaux, leurs questions, lui donnent de la force. Et elle enregistre, en secret, des cassettes pour leurs anniversaires jusqu'à leur 18 ans. Et cette tendresse partagée avec Don (Scott Speedman) son mari, cette chaleur, cette présence qui rassure. De plus, ""lui chercher une femme qui sera acceptée par les enfants"". Bref, préparer la vie sans elle! Et encore ""tomber amoureuse""! Boire chaque instant de vie, laisser émerger ces sensations brûlantes, viatique pour un chemin écourté. C'est Lee (Mark Ruffalo), l'amant pour quelques instants, qui recueille son ultime déclaration d'amour dite d'une voix blanche et désespérée.

Voilà un film sensible, pudique, touchant, de par le sujet grave qu'il traite. Isabel Coixet évite les écueils du pathos - sans éviter l'humour - en cernant la lumière de ces instants, en faisant apparaître les reliefs de la vie qui s'écoule, par petites touches, comme le ferait un peintre ou un verrier en jouant avec les transparences pour donner tantôt de la profondeur, tantôt de la légèreté. Sans oublier le travail fait sur les correspondances, à la manière de Baudelaire, où les musiques, les sons, les couleurs, les matériaux se répondent, font écho aux sensations, aux sentiments. On est donc dans le domaine d'une œuvre d'art, d'une transposition, qui dit un peu la vie, mais pas toute la vie. Isabelle Coixet propose sa vision et non la réalité, en privilégiant ce qui dit la fragilité de la vie et la force de l'amour. Rappelons que ce film est produit par son compatriote Pedro Almodovar. De plus, l'authenticité de l'interprétation de Sarah Polley touche, tout comme celle des personnages secondaires.

MA VIE SANS MOI est un film d'une grande vitalité, un peu triste certes, mais beau."

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