Adieu Les Cons

Affiche Adieu Les Cons
Réalisé par Albert Dupontel
Titre original Adieu Les Cons
Pays de production France
Année 2020
Durée
Musique Christophe Julien
Genre Comédie
Distributeur Pathé Films
Acteurs Jackie Berroyer, Albert Dupontel, Philippe Uchan, Nicolas Marié, Virginie Efira, Bastien Ughetto
Age légal 8 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 843
Bande annonce (Allociné)

Critique

Le dernier film d’Albert Dupontel suit la quête tragi-comique d’une femme qui cherche à retrouver un fils qu’elle a abandonné à la naissance.

Lorsque Suze (Virginie Efira) apprend qu’elle est atteinte d’une maladie rare et incurable, elle décide de se mettre à la recherche d’un enfant dont elle a accouché à 15 ans sous X, soumise à la pression de ses parents. Son parcours l’amène à croiser la trajectoire de JB (Albert Dupontel), un informaticien poursuivi par la police parce qu’il vient de rater sa tentative de suicide et de blesser un collègue de bureau. Aidés également par Monsieur Blin (Nicolas Marié), un archiviste aveugle, ce couple improbable se déplace de témoin en témoin pour retrouver le fils que Suze n’a jamais connu.

Comédie dramatique relativement classique dans sa trame et dans les ressorts comiques qu’elle mobilise, Adieu les cons se démarque en premier lieu par le jeu de ses comédiens principaux, qui correspondent parfaitement à leurs rôles de marginaux sympathiques. Par ailleurs, le film regorge de belles idées de mise en scène. Notons par exemple un long travelling arrière zénithal s’éloignant d’un rond-point sur lequel JB se tient pour marquer sa solitude, l’insertion d’un flash-back en accéléré rappelant l’esthétique du cinéma muet, ou encore l’usage intelligent du reflet du paysage sur les vitres des voitures pour dynamiser les plans dans lesquels les personnages se déplacent en véhicule.

De plus, le film propose une véritable satire du monde de l’entreprise, à travers les fonctionnaires ternes et incapables avec lesquels JB travaille, et de la police, via les gorilles chauves et violents qui traquent les fugitifs. Cet aspect parodique réjouit, et rappelle par instant le cinéma des Monty Python, qui sert de référence au réalisateur - notons que le long métrage est dédié à Terry Jones et intègre un caméo de Terry Gilliam. Toutefois, le film reste très conventionnel au niveau du regard qu’il porte sur les relations amoureuses: le fils qu’elle retrouve est un jeune homme coincé qui ne parvient pas à déclarer ses sentiments à une collègue, se bornant à l’espionner et à lui envoyer des poèmes d’amour anonymes; la rencontre du garçon avec sa mère biologique l’amène à déclarer sa flamme à celle qu’il aime, sans que son comportement problématique de voyeur ne soit thématisé comme tel. Retenons toutefois que malgré ses défauts, Adieu les cons vole plus haut que la plupart des productions comiques françaises en termes de discours et de récit, un fait assez exceptionnel pour être souligné.

Noé Maggetti

Appréciations

Nom Notes
Noé Maggetti 12