Le Photographe

Affiche Le Photographe
Réalisé par Ritesh Batra
Titre original Photograph
Pays de production Inde, Allemagne, U.S.A.
Année 2019
Durée
Musique Peter Raeburn
Genre Romance, Drame
Distributeur Filmcoopi
Acteurs Vijay Raaz, Nawazuddin Siddiqui, Geetanjali Kulkarni, Sanya Malhotra, Farrukh Jaffar, Virendra Saxena
Age suggéré 10 ans
N° cinéfeuilles 827
Bande annonce

Critique

Le Photographe est le nouveau film du réalisateur de The Lunchbox. Filmé dans les décors naturels et éminemment photogéniques de l’Inde, c’est une œuvre tendre qui parfois, par manque de risques, manque de nous faire basculer dans une légère torpeur. Toutefois, le parcours des héros encombré par les conventions sociales se suit sans ennui, avec sourires et tendresse.

Dans la grande ville, Rafi, issu d’une famille pauvre de la campagne, tente de survivre et également de rembourser les dettes laissées par son défunt père, en photographiant les touristes et en leur vendant ses clichés. Se retrouve ainsi par hasard devant son objectif Miloni, une étudiante timide issue de la bourgeoisie, rêvant d’une indépendance que son statut social ne lui autorise pas, que ce soit pour choisir une carrière ou un époux. Tous deux sont prisonniers de leurs traditions familiales respectives. A la suite d’un subterfuge imaginé par Rafi pour décourager son encombrante grand-mère qui cherche à le marier à tout prix, le photographe pauvre et l’étudiante aisée vont se côtoyer et apprendre à se connaître.

Le réalisateur filme avec tendresse la rencontre improbable de ces deux personnages que tout oppose, à l’exception de leur caractère naïf, gentil et timide. Cette histoire ne serait qu’une bluette si Miloni et Rafi n’étaient profondément attachants et lâchés dans un environnement et une société qui ne leur correspondent guère. L’histoire est certes prévisible, mais filmée avec une bienveillance et une sincérité proche du Kore-eda de Notre petite sœur, à l’opposé absolu du clinquant de Bollywood. Les personnages secondaires, dont bien entendu la grand-mère haute en couleur, ancrent le film dans une réalité sociale mais permettent de jolis moments d’humour. Les discussions entre la vieille patriarche garante des traditions et la soi-disant belle-fille amoureuse de la modernité, le tout sous le regard effaré de Rafi, sont des instants à la fois simples et beaux, naïfs et tendres. Peut-être est-ce aussi, par moments, l’écueil du film. Cette langueur, cette naïveté, cette tendresse sont omniprésentes, et il manque sans doute un peu de drame ou de joie. Toutefois, la fin ouverte empêche Le Photographe de tomber dans la mièvrerie, et accentue notre empathie pour ces deux enfants perdus qui, de plus, sont très bien interprétés.

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 14