My Beautiful Boy

Affiche My Beautiful Boy
Réalisé par Felix Van Groeningen
Titre original Beautiful Boy
Pays de production U.S.A.
Année 2018
Durée
Genre Drame
Distributeur Elite
Acteurs Maura Tierney, Timothy Hutton, Steve Carell, Kaitlyn Dever, Jack Dylan Grazer, Timothée Chalamet
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 806
Bande annonce

Critique

Nic (Timothée Chalamet) a 18 ans. Il est beau, sensible, intelligent et issu d’un milieu favorisé. Son père (Steve Carell) découvre qu’il est également addict aux drogues dures depuis l’âge de 12 ans. Toute la famille se mobilise alors afin de le sauver.

Le réalisateur belge Felix Van Groeningen a traversé l’Atlantique pour adapter cette histoire vraie, qui présente de nombreuses similitudes avec une de ses précédentes réalisations : Alabama Monroe, Oscar du Meilleur film étranger en 2014.

On y retrouve des personnages confrontés à un deuil (même si dans le cas présent, il est plutôt question de deuil blanc) déchirant et destructeur. Le dispositif est également identique, avec le montage non chronologique d’une narration éclatée en flash-back. Cette approche a ses forces et ses faiblesses: l’horrible sentiment de gâchis et de fatalité aberrante est parfaitement rendu lorsqu’alternent les images de Nic, enfant chéri, beau et brillant, avec ce jeune homme soumis à des démons destructeurs. En revanche, il est difficile de dépeindre des personnages en profondeur avec cette succession de vignettes épisodiques, ce qui fait qu’au final, on ne s’attache guère aux protagonistes de ce drame. Le réalisateur a peut-être lui-même conscience de ce syndrome, tant sa bande originale semble surligner avec une finesse pachydermique les émotions de ses personnages, artifice ultime pour faire accrocher le spectateur à ses images. Par ailleurs, les scènes de shoots et d’overdose sont filmées avec une complaisance esthétisante quasi obscène et en total décalage avec le propos du film. Heureusement, cette débauche d’effets de clippeur est compensée par des acteurs remarquables, Timothée Chalamet en tête, qui combine beauté solaire avec une face sombre et lugubre.

Beautiful Boy reprend donc la même thématique que Ben Is Back, film sorti il y a à peine quelques semaines, où Julia Roberts interprétait une mère attirée dans ce trou noir social qu’est un enfant toxicomane. Faut-il se résoudre à l’impasse de l’addiction ou plutôt s’accrocher à l’espoir d’une guérison? À choisir, on préférera Ben Is Back qui aborde cette délicate question de manière plus sobre, ramassée, et dénuée d’effets mélodramatiques superflus.


Blaise Petitpierre

Appréciations

Nom Notes
Blaise Petitpierre 11
Sabrina Schwob 14