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Searching - Portée disparue

Affiche Searching - Portée disparue
Réalisé par Aneesh Chaganty
Titre original Searching
Pays de production U.S.A.
Année 2018
Durée
Musique Torin Borrowdale
Genre Thriller, Drame
Distributeur Sony Pictures
Acteurs Debra Messing, John Cho, Michelle La, Joseph Lee (II), Sara Sohn, Dominic Hoffman
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 796
Bande annonce

Critique

L’écran de cinéma devient un écran d’ordinateur pour la course folle d’un père à la recherche de sa fille. Une inventivité vite annulée par un film assez banal.

Les films à concept appellent, selon moi, toujours à la méfiance. Lorsque l’œuvre peut se résumer à un slogan publicitaire, il s’agit souvent d’une coquille vide.

Ici, pour son premier long métrage, Aneesh Chaganty prend le parti de narrer son histoire à partir d’un écran d’ordinateur. Entre mails, photos, appels vidéo et autres sites web, le public suit la souris du personnage principal, un père cherchant ce qui est arrivé à sa fille disparue. Fructueuse idée de mise en scène: les dossiers et les historiques de navigations fournissent des mines à indices, que le spectateur essaie de décoder. La fille a-t-elle fugué ou l’a-t-on enlevée? Ses réseaux sociaux peuvent-ils répondre à cette question? Avait-elle, en secret, des amis, des amants, voire une double vie?

Le concept excellent sert une intrigue bien ficelée, mais quelconque. Pour les amateurs de suspense, ce film à rebondissements est conseillé. Pour les autres, l’abus de musique et le sentimentalisme exacerbé les épuisera assez vite, sans que la forme ne sauve le tout. Et c’est là que Chaganty manque de vision. Sa mise en scène n’est qu’un artifice. Les problématiques sont survolées; ce ne sont pas des sujets, traités comme tels, mais seulement des moyens d’ajouter quelques péripéties à l’intrigue. Un exemple parmi d’autres: lorsque le père découvre que sa fille fait des lives (c’est-à-dire des vidéos en direct où les internautes peuvent se connecter, la regarder et discuter avec elle) il n’y passe que deux minutes, sans s’y intéresser. Le réalisateur reste ainsi très distant avec l’objet de son discours, le film semble s’adresser à des gens qui ne veulent pas connaître le monde de leurs enfants. Dès le départ, la mise en scène aborde internet et les adolescents comme un univers incompréhensible et superficiel, juste bon à faire des blagues. Elle se calque sur le point de vue du père, sans pénétrer jamais celui de sa fille. Bien que la morale de l’intrigue veuille encourager la parole entre les enfants et leurs parents, la forme contredit cette lecture. Le clivage générationnel demeure, dommage.


Christophe Pithon

Appréciations

Nom Notes
Christophe Pithon 10