Paradise Now

Affiche Paradise Now
Réalisé par Hany Abu-Assad
Pays de production Allemagne, Palestine, France, Pays-Bas
Année 2005
Durée
Musique Jina Sumedi
Genre Drame
Distributeur Haut et Court
Acteurs Lubna Azabal, Hiam Abbass, Kais Nashef, Ali Suliman, Amer Hlehel
N° cinéfeuilles 509
Bande annonce

Critique

"Saïd et Khaled, deux amis palestiniens de Naplouse sont désignés pour commettre un attentat suicide à Tel Aviv. Engagés volontaires depuis plusieurs années dans une faction, ils sont liés par un contrat moral qu'ils ne peuvent ou ne veulent rompre. ""Le moment est venu"", vient leur annoncer un membre. ""Vous partez demain matin."" Dans la dernière soirée avec leurs familles, ils ne disent pas adieu. Le lendemain, après le rituel de préparation et munis de leurs ceintures d'explosifs, ils sont conduits à la frontière. Mais l'opération ne se déroule pas comme prévu...

Ce film a reçu au Festival de Berlin 2005 le Prix du public, le Prix Amnesty International, le Prix du meilleur film européen. Donc plutôt bien apprécié, malgré le caractère hypersensible d'un tel sujet. Le réalisateur dit ne pas s'inscrire dans un parti pris; il affirme que la finalité de tels actes reste inadmissible quoique... compréhensible: il éclaire en effet les motivations de deux kamikazes à la veille du jour J, et cela dans une fiction, style thriller politique au stress communicatif.

Le portrait est ""naturaliste"": deux jeunes, serviables et respectueux, vivant leur quotidien comme tant d'autres Palestiniens, écoutant la musique d'un transistor fréquemment couverte par les détonations de tirs. Oui, ils parlent de cette vie difficile. Ils entendent les cris, les douleurs silencieuses d'un peuple qui n'en peut plus d'être humilié et leurs espérances systématiquement piétinées. Et puis le passé de Saïd, dont le père collabo fut assassiné, pèse lourd. L'histoire de chacun nourrit la motivation à donner sa vie pour plus de justice. Mourir en martyr représente un sacrifice pour leur pays, mais aussi ""le paradis tout de suite"".

Pourtant ce soir, au sein de sa famille, Saïd doute. ""J'ai trouvé du travail à Tel Aviv, je pars demain matin"", murmure-t-il. Le regard de compassion de sa mère, le regard d'amour de Suha dont il est amoureux, et la peur... Un dilemme? Certainement! Mais les membres de la faction très hiérarchisée le suivent de près. Alors, ni l'amour, ni le doute ne vont réussir à le retenir. Renoncer à l'amour par sens du devoir et marcher vers l'autel du sacrifice: il y a quelque chose des grandes tragédies.

Hany Abu-Assad ajoute: ""J'espère simplement que les gens se poseront des questions: quel effet peut avoir l'occupation sur les êtres humains...? Aucun peuple ne mérite de vivre sous occupation."""

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