Cornouaille

Affiche Cornouaille
Réalisé par Anne Le Ny
Pays de production France
Année 2011
Durée
Musique François-Eudes Chanfrault
Genre Drame
Distributeur UGC Distribution
Acteurs Samuel Le Bihan, Vanessa Paradis, Jonathan Zaccaï, Laurent Stocker, Martin Jobert
N° cinéfeuilles 663
Bande annonce

Critique

Odile (Vanessa Paradis) a quitté très jeune la Bretagne, à la mort de son père. Elle y retourne aujourd’hui - elle vient d’hériter la maison familiale - et laisse à Paris son ami Fabrice (Jonathan Zaccaï). A peine arrivée sur les lieux, la jeune femme se sent comme submergée par les souvenirs de son enfance et de son adolescence. Tandis que la réalité lui échappe peu à peu, elle rencontre Loïc (Samuel Le Bihan), qui se présente comme son «ami d’enfance retrouvé». Il va l’entraîner sur d’étranges chemins…

Le glissement entre le présent et le passé devient dès lors récurrent et les points de repère, pour le spectateur, se font de plus en plus rares. La structure du récit en souffre, une amorce de réflexion sur la complexité de la nature humaine prenant le dessus sur une histoire qui s’effiloche. S’enchaînent une série de glissements, souvent imperceptibles, d’une dimension temporelle à une autre. La maison (est-elle hantée?) devient le lieu de rencontres imprévues et rêvées, les figures familiales réapparaissent, mais sans que l’on puisse distinguer dans ces évocations de véritable fil conducteur. La nature environnante (les paysages bretons, les vagues et le vent, la mer et le brouillard) permettent de temps à autre de reprendre son souffle, dans un contexte assez lourd, mais le film n’évite pas un va-et-vient assez déconcertant entre la vie d’aujourd’hui et un au-delà peuplé d’images parentales. Désemparée, la jeune femme avoue son désarroi: «Je suis nulle, et je ne peux vivre ni avec les morts, ni avec les vivants.»

CORNOUAILLE est une œuvre sans doute ambitieuse, mais la réalisatrice - dont c’est le troisième film - donne l’impression d’avoir négligé de fournir au spectateur les quelques clés indispensables qui lui auraient permis de comprendre un tant soit peu le monde intérieur perturbé d’Odile. Tout cela manque d’un point de vue. Vanessa Paradis s’efforce de donner, sans trop de succès, une certaine épaisseur à son personnage. Samuel Le Bihan et Jonathan Zaccaï, dans des rôles moins torturés, s’en tirent mieux.

Note: 10

Antoine Rochat