Un secret

Affiche Un secret
Réalisé par Claude Miller
Pays de production France
Année 2007
Durée
Musique Zbigniew Preisner
Genre Drame
Distributeur UGC
Acteurs Cécile de France, Mathieu Amalric, Patrick Bruel, Julie Depardieu, Ludivine Sagnier
Age légal 10 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 554
Bande annonce

Critique

Adaptation d’un roman autobiographique de Philippe Grimbert, le dernier film de Claude Miller met en images l’histoire tragique d’une famille juive, de 1937 à nos jours. Des événements qui sont racontés par François, né en 1942. Enfant alors malingre, solitaire et mal dans sa peau, il avait remarqué que bien des mystères entouraient la vie de ses parents. De lourds secrets qui ont ainsi perturbé sa jeunesse. La vérité, il ne la connaîtra que beaucoup plus tard.

De L’EFFRONTEE (1985) à LA PETITE LILI (2003) Claude Miller s’est souvent penché sur le monde de l’enfance et de l’adolescence. De par ses origines juives et son âge aussi - il est né en 1942 -, on peut comprendre que Miller se soit intéressé au roman de Grimbert.

Le résultat est en demi-teinte. La complexité du récit - écrit à la première personne, sans aucun dialogue, et tout imprégné d’allers et retours dans le temps - lui a manifestement posé problème. Difficile en effet de trouver un équivalent cinématographique à l’originalité d’une telle narration, difficile de parler en même temps des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, des amours de chacun, de la France sous l’Occupation, de la vie sociale dans les années qui ont suivi la guerre, et tout cela à travers les yeux d’un enfant. D’où le recours à plusieurs passages en voix off, à des lettres lues, à des documents d’archives pour tenter de rendre le propos plus explicite.

Illustratives, les images ne permettent guère à l’émotion d’être au rendez-vous. Si un important travail de reconstitution historique a été fait (décors, habillement, accessoires et chansons d’époque, documents d’archives rappelant les camps de la mort), UN SECRET peine pourtant à trouver un rythme et à donner un sens à ce long voyage intérieur. S’agit-il d’une réflexion sur la culpabilité (celle du père ou de la mère)? Sur le fiasco d’une enfance gâchée (celle de François)? Le cinéaste voulait-il parler des «petites gens» embarquées dans la grande Histoire? L’interprétation - dans la note, mais sans intensité - n’emporte pas toujours l’adhésion, les acteurs paraissant renoncer parfois à donner une véritable épaisseur à leurs personnages, comme s’ils hésitaient - on peut les comprendre - à se décharger des lourds secrets qu’ils portent en eux.

Antoine Rochat