Seul au monde

Affiche Seul au monde
Réalisé par Robert Zemeckis
Pays de production U.S.A.
Année 2000
Durée
Musique Alan Silvestri
Genre Aventure
Distributeur United International Pictures (UIP)
Acteurs Helen Hunt, Tom Hanks, Lari White, Geoffrey Blake, David Allen Brooks
Age légal 12 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 407
Bande annonce

Critique

"Un film d'aventure et une mise en scène bien maîtrisée, par un spécialiste du genre, Robert Zemeckis.

Nouveau Robinson Crusoë, Chuck Noland affronte la solitude de son île: ""Survivre est relativement facile, c'est vivre qui est difficile"".

Chuck est l'archétype du jeune cadre dynamique, visiblement dans le vent de la mondialisation puisqu'on le voit au début du film sauter d'avion en avion pour améliorer les performances des succursales du grand transporteur international pour lequel il travaille. En contrepartie de sa vie trépidante, il a des copains et une famille avec laquelle on le voit passer les fêtes de Noël accompagné de son amie de longue date, avec laquelle il échange des présents qui augurent de leur prochain mariage, un soir à l'aéroport d'où il s'apprête une nouvelle fois à s'envoler...

Voilà pour la mise en place des protagonistes de cette histoire, qui à partir de là se dramatise. L'avion qu'a pris Chuck sombre dans les flots. Il est le seul survivant et échoue sur une île déserte des tropiques, balayée par pluies et vents, éloignée de toute route maritime ou aérienne. Comment va-t-il s'en tirer? On pense inévitablement au Robinson Crusoë de notre enfance...

S'il y a des analogies entre les destins de ces deux hommes, les intentions de Tom Hanks, co-producteur et interprète du film, sont sensiblement plus complexes que celles de Daniel Defoë, qui visait sans doute à plonger des lecteurs plus sédentaires qu'aujourd'hui dans l'exotisme en leur faisant partager l'histoire d'une survie sur une île, où le naufragé n'était pas ""seul au monde"" puisqu'en compagnie d'animaux, puis de Vendredi. Ici, il s'agit bien sûr aussi de montrer comment se débrouiller lorsqu'on manque de tout ce qui va de soi dans notre société occidentale, lorsqu'on est ramené à ces besoins primaires et essentiels qui sont les nôtres: manger, boire, se protéger des intempéries et dormir. Cependant, contrairement à Robinson Crusoë, Chuck affronte une totale solitude pendant les quatre années qu'il passera sur son île. Aussi l'accent est-il mis ici sur la vie intérieure du naufragé, auquel le spectateur que nous sommes ne va pas manquer de s'identifier.

Car il faut à ce stade parler de la mise en scène, qui est d'une remarquable maîtrise du début à la fin du film. La scène du ""crash"" de l'avion est si réaliste tant de la prise de vue et du montage qu'au niveau du son, qu'on a l'impression qu'elle se déroule en temps réel et d'être nous-mêmes à bord. De même plus tard d'être sur la mer, lorsque notre héros affrontera les terribles rouleaux. Dans l'île, l'emprise du bruit des vagues et le martèlement répétitif des pluies échappent à la sauce musicale hollywoodienne coutumière et rendent l'atmosphère tangible.

Saluons aussi le jeu convaincant et la transformation physique de Tom Hanks, qui échoue quelque peu ""enveloppé"" sur l'île pour se transformer au fil des ans en un être hirsute, boucané et musclé. Bref, tout dans cette réalisation contribue à la crédibilité des situations. Cette maîtrise permet au spectateur de s'immerger dans le film et, à l'instar de Chuck, de (re)prendre conscience combien aimer, communiquer avec ses semblables, et espérer, sont pour l'homme des nécessités aussi vitales que ses besoins d'ordre physiologique. Car c'est pour avoir su créer un compagnon fictif, c'est par le lien d'amour avec sa fiancée à travers son image que Chuck trouvera la force de résister et d'échapper à la prison de son île. Sa survie, tant sur l'île qu'après son retour à la civilisation, il la doit à son imaginaire et à sa capacité d'adaptation, de maturation. L'issue du film, ouverte, le confirme.

Ce message, délivré avec juste le pathos nécessaire à l'émotion, ne vise en l'occurrence pas à la métaphysique mais contribue à faire de ce film une réalisation ayant un sens et une certaine épaisseur psychologique. Un divertissement où l'aventure exotique se conjugue à l'aventure intérieure, et qui n'est pas dénué d'une certaine incitation à l'introspection.





Robert Zemeckis



Robert Zemeckis a été consacré par le triomphe populaire de FORREST GUMP en 1994. Spécialiste du film d'aventure, Robert Zemeckis a toujours engagé des acteurs très cotés: Tom Hanks (par ailleurs producteur du film) qui est à nouveau au centre de cette réalisation."

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