High & Low - John Galliano

Affiche High & Low - John Galliano
Réalisé par Kevin Macdonald
Pays de production Grande-Bretagne
Année 2023
Durée
Musique Tom Hodges
Genre Documentaire
Distributeur Pathé Films
Acteurs Penélope Cruz, Anna Wintour, John Galliano
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 920

Critique

High & Low retrace la vie de John Galliano, célèbre pour avoir été le directeur artistique de la maison Dior de 1999 à 2011. Au-delà de son génie indéniable pour la mode, peut-on réellement pardonner les dérapages qui lui ont valu sa carrière au sein du groupe LVMH?

Qui est réellement John Galliano? C’est la question à laquelle le documentaire tente de répondre en dépliant la vie du styliste, de son enfance à aujourd’hui. L’œuvre est très riche autant par son fond que par sa forme. Images d’archives, photographies et inserts de Napoléon d’Abel Gance sorti en 1927 - entre autres - qui interrompent les interviews face caméra. Un montage donc intéressant, mais une image constamment en mouvement - digne d’une esthétique qui semble être pompée directement des documentaires Netflix. Ce qui est d’ailleurs un peu déroutant car ce genre de format est inhabituel pour les salles de cinéma.

Tout est fait pour maintenir le public attentif. Excepté avec les interviews, on ne rencontre pas ou très peu d’images statiques. On se retrouve face à une déferlante de gros plans et de plans larges sur les photographies, ainsi que sur les appareils Apple qui présentent leurs albums photos générés à partir de notre pellicule, ce qui peut rapidement devenir agaçant. Mais des invité·e·s prestigieux·ses comme Naomi Campbell, Anna Wintour ou encore Kate Moss, pour ne citer qu’elles, qui racontent la vie de Galliano (lorsqu’il ne le fait pas lui-même) ajoutent une plus-value au côté «mainstream» au documentaire. Il s’agit d’une œuvre qui rappelle d’autres documentaires sur des créateurs de mode comme McQueen (Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, 2018) par exemple, mais dans un format semblable à celui des plateformes de streaming. De manière générale, il n’est pas mauvais, mais mérite-t-il réelle-ment sa place dans une salle obscure? Il figurerait sans doute mieux sur un écran de télévision, mais au vu de sa dimension politique, il vaudrait peut-être mieux qu’il reste en salle en fin de compte.

Le documentaire met donc en scène l’ascension puis la chute du créateur de mode - comme l’indique son titre. Pourtant, son positionnement semble biaisé et donne l’impression qu’il offre une opportunité au créateur de faire son mea culpa. On nous présente des personnes qui lui ont pardonné et qui nous servent des «je le connais, il n’est pas comme ça», rappelant tristement les réactions aux accusations récentes envers Gérard Depardieu. Les deux seules personnes qui le tiennent encore pour responsable dans le film sont deux personnes racisées, dont une des victimes… La trame narrative se focalise plus sur la «descente aux enfers» du créateur en le plaçant en position de victime - lorsqu’il ne le fait pas lui-même en regardant la caméra. Bien que l’incident se soit évidemment déroulé lors d’une phase de décompensation complète, il est dès lors difficile de faire son procès. Cependant, la mauvaise foi de Galliano ainsi que tout le petit cirque autour des événements finissent par devenir ridicules, et nous mènent bel et bien à croire à "in vino veritas".

Fanny Lamoureux

Appréciations

Nom Notes
Fanny Lamoureux 12