The Monk And The Gun

Affiche The Monk And The Gun
Réalisé par Pawo Choyning Dorji
Pays de production Bhoutan, France, Taïwan, États-Unis, Hong Kong
Année 2023
Durée
Musique Frédéric Alvarez
Genre Comédie dramatique
Distributeur trigon-film
Acteurs Tandin Wangchuk, Harry Einhorn, Tandin Sonam
Age légal 6 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 920

Critique

PRIX DU PUBLIC AU FIFF

Sélectionnée pour représenter le Bhoutan aux Oscars 2024, cette réalisation aux paysages bucoliques illustre les bouleversements politiques fondamentaux dont ils ont été le décor lors de l’annonce de l’abdication prochaine du roi. Pleine de bons sentiments et non dénuée d’observations intéressantes, elle peine cependant à emporter complètement.

En 2006, le roi du Bhoutan annonce qu’il va bientôt se retirer du pouvoir pour que le pays devienne une démocratie. Le peuple, et plus précisément ici la population des milieux ruraux, doit alors apprendre à voter. À cet effet, des représentants du gouvernement organisent de fausses élections. Lorsqu’il a vent de cet état de fait, un vieux lama résidant dans la petite ville d’Ura demande à un moine de lui apporter deux fusils pour le soir de la prochaine pleine lune… Dans le même temps, un collectionneur d’armes américain débarque à Ura pour se procurer un fusil d’une valeur inestimable datant de la Guerre civile américaine.

Sur fond de très beaux paysages bhoutanais, le deuxième film de Pawo Choyning Dorji propose une réflexion sur la politique et ses supposés bienfaits ainsi qu’une critique de la suprématie américaine. Il remet en effet en question la démocratie, ou en tous cas sa vision occidentale, en montrant que les élections factices mises en place, loin d’être une solution miracle synonyme de progrès, détruisent des familles et des amitiés, la ville d’Ura étant forcée à s’entre-déchirer à cause d’un système aléatoire basé sur des couleurs qui n’évoque rien aux Bhoutanais. The Monk And The Gun témoigne par ailleurs que même un habitant des États-Unis, pays censé incarner la notion de liberté (lui qui se nomme «The Land of the Free»), ne sait pas expliquer ce qu’est la démocratie.

La nation de l’Oncle Sam en prend d’ailleurs pour son grade, dépeinte comme une envahisseuse du Bhoutan par sa culture abrutissante (les gens sont agglutinés devant MTV en buvant du Coca-Cola, alors que la télévision et internet ont fait leur arrivée dans le pays peu de temps auparavant), mais aussi par sa glorification de la violence. En effet, bien que les armes à feu soient très rares au Bhoutan, car interdites, le moine éponyme, représentant de la paix, se laisse fasciner, notamment suite à la découverte de la bande-annonce du film Quantum Of Solace, démontrant que la pop culture occidentale est également vectrice de mauvais idéaux. Pourtant, malgré ses observations pertinentes sur la société, le long métrage souffre d’un scénario quelque peu bancal (rythme mal dosé et péripéties superflues) et de son humour à la fois enfantin et insolite. Mais s’il ne fallait retenir qu’une chose, ce serait les mots du réalisateur à propos de ses compatriotes: il ne faut pas prendre l’innocence pour de l’ignorance.

Amandine Gachnang

Appréciations

Nom Notes
Amandine Gachnang 13
Marvin Ancian 12