Le Jardin secret

Réalisé par Marc Munden
Titre original The Secret Garden
Pays de production GRANDE-BRETAGNE
Année 2020
Durée
Musique Dario Marianelli
Genre Romance poétique
Distributeur Impuls
Acteurs Julie Walters, Colin Firth, Dixie Egerickx, Amir Wilson
Age légal 6 ans
Age suggéré 10 ans
N° cinéfeuilles 840

Critique

Le roman éponyme de Frances Hodgson Burnett a déjà été l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques (Fred M. Wilcox en 1949, Alan Grint, téléfilm en 1987, et Agnieszka Holland, cinéaste polonaise en 1993, pour n’en citer que trois). Celle de Marc Munden, réalisateur britannique, s’inscrit dans la même ligne que les précédentes, à savoir une bonne mise en images d’une histoire poétique et touchante, mais sans plus.

Une sévère gouvernante, Mrs. Medlock (Julie Walters), interdit à Mary (Dixie Egerickx), 10 ans, d’entrer dans certaines pièces de l’immense manoir de Missel appartenant à son oncle Archibald Craven (Colin Firth), un homme bourru et triste. Ce dernier a accueilli chez lui la fillette, qui revient des Indes où elle a vécu jusqu’à l’âge de 9 ans: on est en 1947 et ses parents viennent de décéder du choléra. Mary fait fi des consignes données par Mrs. Medlock et s’en va visiter toutes les chambres du château. Elle découvre qu’elle a un cousin de 10 ans comme elle, Colin (Edan Hayhurst), un gamin au visage blafard, isolé et cloué dans son lit, qui crie et pleure sans raison apparente. Un garçon au premier abord malade et peu attachant.

Le jardin du manoir va jouer un rôle important pour Mary et Colin: les lieux sont merveilleux, proches du rêve, et tous deux vont faire la connaissance d’un autre garçon de leur âge, Dickon (Amir Wilson), un jeune paysan de santé robuste qui vit en harmonie avec la nature et les animaux. La rencontre inopinée des trois enfants va modifier la vie opulente du château et permettre au spectateur - pas toujours très intéressé par la première partie du film - de s’évader dans un étonnant et vaste jardin secret. Vont dès lors se côtoyer deux types d’existences: celle du château, où règnent deuil, déprime et désespérance, et celle du jardin magique où s’amusent les trois enfants, emportés par l’imagination débordante de Mary et accompagnés d’un chien errant et d’un rouge-gorge. Un jardin sauvage qui semble être en mesure de soigner les cœurs.

Voilà pour les protagonistes (qui remplissent bien leur contrat), pour les décors (fastueux) et la musique (bien choisie). Reste pourtant un scénario sans grande structure narrative. Le personnage énergique de Mary peine, à lui seul, à supporter le poids et la signification de tout ce film qui manque d’inspiration et de rythme. Certaines scènes, parfois inutiles ou simples liaisons, sont collées les unes aux autres, sans qu’une véritable histoire nous soit racontée. Est-ce un film pour enfants? Que non point: le contexte (deuils, indifférence des adultes assez rigides, caractères difficiles des enfants, scènes tragiques peu explicites) est difficilement accessible et cette histoire faite de séquences souvent inattendues (la part des rêves et des souvenirs surgissant à l’improviste est importante) peine à se mettre en place. La séquence finale, mal amenée et qui emprunte au conte fantastique, tente de donner un sens à ce récit.

Le Jardin secret est fait de très belles images, en particulier celles d’un monde végétal féerique (les effets spéciaux sont bien présents), mais cette réalisation n’évite pas toujours la morosité, la dispersion et le sentiment que le cinéaste est resté à la surface des événements.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 11