Un jour si blanc

Affiche Un jour si blanc
Réalisé par Hlynur Palmason
Titre original Hvítur, Hvítur Dagur
Pays de production Islande, Danemark, Suède
Année 2019
Durée
Musique Edmund Finnis
Genre Drame
Distributeur Xenix
Acteurs Hilmir Snær Guðnason, Ingvar Eggert Sigurðsson, Ída Mekkín Hlynsdóttir, Bjorn Ingi Hilmarsson, Elma Stefania Agustsdottir, Sara Dögg Ásgeirsdóttir
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 828
Bande annonce

Critique

Le cinéaste islandais Hlynur Palmason nous propose, avec ce deuxième long métrage, une œuvre extrêmement ambitieuse et étrange. Un film à l’image de son héros: austère, introverti, taiseux... mais qui bouillonne intérieurement.

Ingimundur (Ingvar Eggert Sigurdsson), est un flic à la retraite qui vient tout juste de perdre sa femme dans un accident de voiture. Afin de tromper son ennui et son chagrin, il transforme patiemment une vieille grange pour en faire une jolie maison, et passe beaucoup de temps avec sa petite-fille, la jeune Salka, avec laquelle il a une belle relation. Mais le poison du doute commence à l’obséder. Sa femme adorée aurait-elle eu une double vie? Obnubilé par cette idée fixe, cet homme calme et sans histoire va se mettre obstinément à chercher des réponses, quitte à remettre en question sa vie et celle de ses proches.

Le film est d’abord porté par sa somptueuse photographie. Dans ce coin reculé d’Islande, la nature représente les états d’esprit du héros qui passe de la mélancolie à l’envie de bonheur, de la colère à la résignation. En effet, les paysages sont superbes mais souvent enveloppés dans une brume épaisse ou noyés sous une pluie battante. Le mystère semble flotter dans ce brouillard. Le rythme lent du récit est également calqué sur les saisons qui défilent. Le film, d’ailleurs, demande dans sa première partie un petit effort de concentration, car pendant plus d’une heure le cinéaste nous montre plus des ressentis, des ambiances, des atmosphères, que des faits. Et cela peut par moments paraître longuet. Les plans fixes ou plans-séquences s’enchaînent, afin de mettre le spectateur dans cet état de mal à l’aise démuni que ressent le héros. Mais lorsque le récit s’emballe, on comprend que le cinéaste a eu raison dans ce début, même s’il a parfois trop pris son temps. La fin du film est d’une incroyable force.

A White, White Day bénéficie d’une mise en scène réfléchie, introspective, et de l’exceptionnel talent de son acteur principal, dont la grande renommée dans son pays mériterait de passer les frontières. A noter aussi la magnifique performance de la fillette, qui apporte à elle seule amour et chaleur dans cette nature sauvage et hostile ainsi que dans le cerveau torturé de ce grand-père qu’elle aime tant. Avec ces deux personnages, on est constamment au cœur des doutes, des espoirs, des états d’âme. Une œuvre, donc, obscure par moments au début, mais de plus en plus prenante jusqu’à un feu d’artifice final.

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 15
Georges Blanc 12