Demain est à nous

Affiche Demain est à nous
Réalisé par Gilles de Maistre
Titre original Demain est à nous
Pays de production France
Année 2019
Durée
Musique Marc Demais
Genre Documentaire
Distributeur Impuls
Age légal 6 ans
Age suggéré 10 ans
N° cinéfeuilles 823
Bande annonce

Critique

On en trouve aux quatre coins du monde des enfants luttant pour leurs convictions, avec pour unique dessein de rendre le monde meilleur en agissant de façon tangible. Pour cela, ils n’hésitent pas à clamer joyeusement: «Nous sommes le futur et le présent».

Inutile de leur dire qu’ils sont trop petits, qu’on a déjà essayé, que le problème est trop conséquent, que la solution demande des connaissances, qu’il faut des moyens, que c’est trop dangereux, etc. Ils écoutent sans comprendre, car leur enfance les empêche de voir ces obstacles, au point qu’ils osent ne pas tenir compte de toutes ces barrières que les adultes considèrent avec sérieux et qui freinent, voire les conduisent à baisser les bras.

José Adolfo, 13 ans, est un jeune Péruvien, créateur à 7 ans d’une banque écologique qui sensibilise les enfants à la protection de l’environnement par le biais du ramassage des déchets et du recyclage. Les enfants doivent apporter au moins cinq kilos de déchets recyclables (plastiques ou papiers) pour ouvrir un compte et ensuite au moins un kilo par mois… Arthur, 10 ans, natif de Cambrai (France), peint des toiles qu’il vend au bénéfice des sans-abri qu’il visite régulièrement depuis ses 5 ans. Avec l’argent ainsi récolté, il fait lui-même les courses, avant d’effectuer avec sa maman la distribution aux personnes vivant dans la rue. Ainsi discute-t-il avec cet homme assis sur le trottoir auquel il remet panier-repas, couvertures et un doudou, «parce que c’est important d’avoir quelque chose à câliner»… Heena, 11 ans, une jeune Indienne, désireuse de faire cesser le travail de gosses privés de scolarité, fait partie de ces enfants reporters qui vivent dans la rue et écrivent les articles pour le journal Balaknama, dont chaque histoire implique une réflexion approfondie et un travail d’équipe dignes d’une véritable réunion de rédaction… En Guinée, Aïssatou, 12 ans, passe ses journées à lutter contre les mariages forcés des petites filles dans son pays en tentant de convaincre sur les marchés, dans les écoles. Quand elle va au contact des gens, dans la rue, pour évoquer ce problème grave, de nombreuses personnes ne sont pas d’accord avec elle, ou ne comprennent pas qu’une jeune fille de son âge ne soit pas plus «obéissante», et l’agressent. Et lorsqu’elle arrête un mariage d’enfants avec son groupe, elle risque aussi des représailles de la famille... En Bolivie, Kevin, Jocelyn et Peter, 10, 12 et 13 ans, enfants travailleurs dans le domaine des mines et des briqueteries, ont créé un syndicat pour se protéger des employeurs abusifs, mais qui existe aussi pour défendre et encadrer leur droit au travail. Et n’oublions pas Khloe qui, sur les trottoirs de Los Angeles, organise des séances de soin de la peau, de coiffure ou de rasage pour redonner du baume au cœur et de la dignité à ces hommes et ces femmes marginalisés, «ça y est vous êtes rafraîchis!»

Gilles de Maistre, qui parcourt le monde depuis plus de trente ans en filmant des enfants soldats, des enfants esclaves, des enfants mourant de faim, offre cette fois-ci un moment de bonheur contagieux. Et si on les écoutait attentivement ces enfants, on serait surpris. «Quel que soit l’âge, qu’on soit petit ou qu’on soit vieux, il n’y a pas d’âge pour s’engager…» (Khloe). «Tu ne peux pas porter la douleur de tout le monde», dit le papa d’Arthur, qui réplique sans hésiter avec un sourire qui l’illumine: «Mais si papa on peut la porter, c’est facile de la porter». L’émotion est donc au rendez-vous en découvrant des gosses qui changent vraiment le monde. Le magnifique serait que l’émotion débouche sur une mise en mouvement des adultes.

Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Serge Molla 16