La Chute du président

Affiche La Chute du président
Réalisé par Ric Roman Waugh
Titre original Angel Has Fallen
Pays de production U.S.A.
Année 2019
Durée
Musique David Buckley
Genre Action
Distributeur Impuls
Acteurs Piper Perabo, Morgan Freeman, Gerard Butler, Nick Nolte, Lance Reddick, Jada Pinkett Smith
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 818
Bande annonce

Critique

Quel héroïsme - quel super-patriote: Mike Banning (Gerard Butler), le garde du corps du président américain, est accusé d’être au centre d’une tentative d’assassinat effroyable, celle de son patron; mais au-delà de devoir prouver son innocence, et de sauver sa réputation, l’agent arrivera-t-il à démasquer le cerveau de cette menace terroriste qui plane sur la Maison-Blanche…?

Très vite, le récit n’existe plus: d’une part parce que l’intrigue est prévisible et le happy end cousu dans la bannière étoilée; d’autre part car ce qui compte dans ce genre de production, c’est la profusion. La frénésie continuelle au détriment des fluctuations rythmiques. Au lieu d’avancer, le film court, et malheureusement, sa cadence est trop élevée pour que l’on s’accroche à lui. Dès lors, comment profiter des scènes d’action si aucun moment d’accalmie ne les prépare? Et comment apprécier ces séquences si l’on adopte une bande-son hyperactive et explicative qui nous décrit avec minutie ce qu’on voit à l’écran? Chaque détonation est signifiée. Chaque coup porté à l’ennemi résonne. Chaque manœuvre au volant a le droit à son bruitage de dérapage. On comprend tout, même les yeux fermés.

D’ailleurs, comme un bon élève qui récite sa leçon, Ric Roman Waugh, le réalisateur, ou plutôt le technicien, répond positivement à tous les clichés que ses scénaristes ont instillés dans l’écriture de ce film. Chutes de monuments importants, coché. Généraux qui dissertent autour d’une table, coché. Suivre l’évolution du président étasunien, coché. Mettre en scène une femme forte post-Weinstein, on coche également. Des ordres donnés à la radio par une voix mécanique passée au logiciel informatique - histoire de rendre mystérieuse l’identité du criminel, comment ne pas cocher? Et si c’était la faute des russes? on n'est pas à ce détail près, on coche!

S’il est vrai que le cinéma est un art autant qu’il est une industrie, il semblerait tout de même qu’avec ce genre de contenu standardisé, la balance lorgne davantage du côté du zéro d’inspiration et de l’uniformisation, que du côté de la réelle prise de risque. Et face à la démultiplication de ces films d’action interchangeables, on est en droit d’être craintif quant à l’avenir du blockbuster. Et face à cet énième bilan négatif, il est probable que le genre finira sans doute par nous écœurer. Mais aux yeux du temple, nous sommes des oies. Nous gaver, c’est ce qu’ils recherchent. (Premier au box-office canadien un week-end seulement après sa sortie.)


Kevin Pereira

Appréciations

Nom Notes
Kevin Pereira 5