ASAKO I&II

Affiche ASAKO I&II
Réalisé par Ryusuke Hamaguchi
Titre original Netemo Sametemo
Pays de production France, Japon
Année 2018
Durée
Musique Tofubeats
Genre Romance, Drame
Distributeur Sister Distribution
Acteurs Masahiro Higashide, Erika Karata, Koji Seto, Daichi Watanabe, Sairi Itô, Kôji Nakamoto
Age légal 8 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 810
Bande annonce

Critique

Asako (Erika Karata) est une jeune femme japonaise, jolie mais solitaire, timide et réservée. Son premier grand amour va disparaître du jour au lendemain sans laisser de traces. Deux ans plus tard, elle rencontre un autre garçon, le sosie parfait du premier, avec lequel elle va faire des projets de vie. Mais elle ne peut évidemment, en regardant son futur mari, s’empêcher de penser à son passé qui l’a plus marquée qu’elle ne veut le croire.

Les premières scènes sont brillantes. Avec une infinie délicatesse proche de celle de Kore-eda, le réalisateur installe des regards, des sentiments et une grande émotion. Il nous présente de plus le personnage principal, pour lequel on se prend tout de suite d’affection, un sentiment qui perdurera jusqu’à la fin.

 Après ce long prologue, le cinéaste va dérouler son histoire sans concrétiser toutes les promesses. Il décide de se concentrer surtout sur Asako, ce qui est son droit le plus absolu. Mais l’extraordinaire romanesque qui faisait la beauté du début s’efface légèrement, au profit de la tendresse qu’il éprouve pour son héroïne. Ce n’est pas très grave cependant, car même si un côté «bluette sentimentale» s’installe insidieusement, le scénario joue avec intelligence sur les symboles, comme le tremblement de terre qui représente bien sûr le chaos émotionnel d’Asako, ou la perte de son chat. Le film tire parfois en longueur avec des scènes très verbeuses pas toujours utiles au développement de son récit, et qui auraient mérité d’être écourtées. Là aussi, c’est pour souligner son intérêt pour cette jeune femme infiniment bonne mais confrontée à ses fantômes. Ces quelques défauts explicatifs n’empêchent pas le film de baigner dans une jolie simplicité, une grande tendresse, une subtile intériorité parfaitement incarnée par la comédienne, et qui offre de plus une fin ouverte et intelligente, même si, là aussi, un peu longuette. Comme c’est souvent le cas, vingt minutes de moins auraient été souhaitables. Que cela ne vous empêche pas de vous laisser gentiment emmener dans cette histoire simple mais touchante, qui respire l’authenticité et la variété des sentiments humains.

Philippe Thonney


Cela pourrait être une leçon de vie : le premier amour marque de manière indélébile. Mais pour ouvrir l’avenir ou enfermer dans un passé (mythifié) ? Ainsi en va-t-il d’Asako lorsqu’elle fait la connaissance de l’étrange Baku, capable de disparaître tout à coup sans raison. Comme prévu ou craint, un jour il s’éclipse pour de bon, sans retour… Aussi lorsqu’ Asako rencontre Ryohei qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, le trouble cède peu à peu la place à l’émotion, voire à l’amour. Mais, si des années plus tard Baku refaisait surface, que deviendra(it) la relation Asako et Ryohei ? Une première et longue partie pose les jalons d’une histoire qui examine ce qui fonde une relation, ce qui est possible, pardonnable ou non. La froideur du décor, celle des appartements, des bureaux ou de l’environnement urbain, souligne-t-elle le délitement de toute relation ou au contraire contraste-elle avec le passé qui perturbe Asako à un point qu’elle ne comprend pas ? Ce triangle amoureux, cette histoire de couple, auraient gagné à être raccourcis, malgré une présence forte de l’acteur qui incarne deux hommes tout à la fois sosies et dissemblables.


Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Serge Molla 12
Philippe Thonney 15
Sabrina Schwob 18
Adèle Morerod 14