Bohemian Rhapsody

Affiche Bohemian Rhapsody
Réalisé par Bryan Singer
Titre original Bohemian Rhapsody
Pays de production U.S.A.
Année 2018
Durée
Musique John Ottman
Genre Biopic, Drame
Distributeur Fox-Warner
Acteurs Aidan Gillen, Rami Malek, Lucy Boynton, Aaron McCusker, Joseph Mazzello, Tom Hollander
Age légal 8 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 800
Bande annonce

Critique

Cela va sans dire mais cela va mieux en le disant: Freddie Mercury, leader du groupe Queen, restera comme l’un des meilleurs chanteurs de rock et aussi l’un des plus populaires.

Auteur et compositeur inspiré, adulé par la jeunesse de son époque et des suivantes, interprète respecté également par les chanteurs d’opéra, sa vie fut riche, passionnante et brève. Elle méritait bien un biopic.

Bohemian Rhapsody (nom de l’une de ses plus célèbres chansons) retrace donc la vie de cet enfant immigré complexé, différent et orgueilleux, de sa naissance à Zanzibar en 1946 à sa mort à Londres en 1991, en passant par ses années de jeunesse et son explosion artistique grâce à et avec ses camarades Brian May, Roger Taylor et John Deacon. Un projet qui paraissait être aussi maudit que Les Désaxés de John Huston. Cela faisait près de dix ans que le film, entre lancements et renoncements, problèmes de scripts et de production, acteurs pressentis puis abandonnés, était constamment repoussé.

Le résultat présente de nombreuses qualités mais aussi quelques soucis, principalement au niveau du scénario. Dans la première partie, on apprend certes des anecdotes intéressantes ou amusantes, mais qui pourraient concerner n’importe quel jeune de l’époque. Lorsque le récit se focalise enfin sur la rencontre avec les musiciens de Queen et l’importance de la relation de Mercury avec Mary (pour laquelle il écrira Love Of My Life), on entre dans le vif du sujet.

 Le film décolle réellement dans sa seconde partie, devient plus intime, plus introspectif, et pointe du doigt les faiblesses et les zones d’ombre de son héros. Il s’attarde avec émotion, gravité et pertinence sur les dernières années lorsque Mercury, à la lente approche d’une mort qu’il sait inéluctable, renoue avec sa famille, dans tous les sens du terme, et se débarrasse de sa grosse tête et des parasites qui l’entourent. Ce retour aux sources amène l’hallucinante et longue dernière scène reconstituant, presque en temps réel, le célèbre passage du groupe au gigantesque concert du Live Aid en 1985.

 Le film est porté par Rami Malek qui signe une performance exceptionnelle. Il a su parfaitement restituer les gestes et le charisme de son modèle, et il en est de même pour les autres membres du groupe. Bohemian Rhapsody ne possède peut-être pas la portée universelle que l’on a pu trouver dans les biopics sur Johnny Cash ou Ray Charles, mais n’en est pas moins une œuvre soignée, réaliste et très honnête.


Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 14
Nadia Roch 16