Lonesome Jim

Affiche Lonesome Jim
Réalisé par Steve Buscemi
Pays de production U.S.A.
Année 2005
Durée
Musique Evan Lurie
Genre Comédie dramatique
Distributeur MK2 Diffusion
Acteurs Liv Tyler, Mary Kay Place, Casey Affleck, Seymour Cassel, Kevin Corrigan
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 514
Bande annonce

Critique

"Jim (Casey Affleck) a tenté de gagner sa vie par l'écriture à New York. N'ayant pas réussi, il revient dans l'Indiana où il est né. Il retrouve à contrecœur sa famille qu'il avait voulu quitter: une mère (Mary Kay Place) aimante mais dominatrice, un père distant et un frère (Kevin Corrigan) déprimé. Lorsque celui-ci est victime d'un accident, Jim accepte de travailler dans l'usine familiale et de s'occuper de ses deux nièces. Les obligations lui pèsent, ses angoisses existentielles le paralysent: la déprime de Jim empire. Dans ce marasme quotidien, seule la relation avec Anika (Liv Tyler), infirmière empathique et son fils lui apporte une lueur d'espoir.

Comme le dit le titre, c'est un film sur la solitude, l'aboulie, celle de Jim. C'est une chronique sur ce jeune homme de 27 ans et son entourage. Steve Buscemi brosse tableaux et descriptions tout en finesse, dans les camaïeux. Une cohérence entre le mode de vie terne, monotone et le traitement des images allant du gris clair au gris foncé. Et puis l'infirmière y apporte des touches de blanc et de rose, au propre comme au figuré. LONESOME JIM sonde l'inertie, le manque d'envie et l'effet éteignoir d'un climat où l'on ne communique pas vraiment. Le rythme est forcément lent. La voix de Jim est monocorde: celle de quelqu'un qui ne respire pas, qui ne vit pas, d'un être faible. Pourtant il parle, il dit ce qu'il pense, même jusqu'à blesser l'autre sans s'en rendre compte. Il semble être resté l'enfant qu'il était et que sa mère n'a pas su faire grandir. ""Mon bébé"", lui dit-elle encore à 27 ans! Le réalisateur ne fait aucun jugement sur les personnages, ne vient pas psalmodier ""à qui la faute?"", mais disperse plutôt des zestes d'humour pour ""réveiller"" Jim.

Malgré l'effet soporifique du rythme, on est touché par ce film qui dégage une grande humanité et on éprouve de la sympathie - tout comme l'infirmière - pour ce grand garçon. On voudrait qu'elle lui apporte un peu d'aide pour l'émanciper ou tout au moins pour lui insuffler un peu d'énergie. Un film hors circuit à découvrir."

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