Eté 93

Affiche Eté 93
Réalisé par Carla Simon Pipó
Titre original Estiu 1993
Pays de production Espagne
Année 2017
Durée
Genre Drame
Distributeur cineworx
Acteurs Laia Artigas, Paula Blanco, Bruna Cusí, David Verdaguer, Fermi Reixach
Age légal 6 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 772
Bande annonce

Critique

Carla Simon Pipó signe avec Eté 93 son premier long métrage, et s’est très largement inspirée de son histoire personnelle pour écrire son scénario. C’est pour cette raison qu’elle situe ce récit il y a 25 ans, alors qu’il pourrait tout aussi bien se dérouler de nos jours: afin de retrouver et restituer les couleurs et les sensations ressenties à l’époque où elle vivait elle-même ces événements dramatiques. Extrêmement réaliste, fin et délicat, ce premier film est une jolie réussite.

La réalisatrice se met donc en scène à travers Frida (Laia Artigas), une fillette au caractère bien trempé qui se retrouve orpheline. Elle va quitter Barcelone, la ville dans laquelle elle a grandi pour aller vivre à la campagne chez sa jeune tante et sa famille. Evidemment, tout ne se passera pas sans heurts. Carla Simon Pipó privilégie les sensations, les ressentis aux coups de théâtre ou aux démonstrations larmoyantes. Elle nous invite à partager ses émotions à travers une suite de scènes apparemment innocentes sur la forme, mais importantes sur le fond. L’évolution de Frida, ses questionnements, ses états d’âme sont suggérés, montrés par une caméra insistant sur les visages, les regards et les sourires des protagonistes.

Un récit épuré, dans lequel les silences sont plus importants et plus révélateurs que les paroles. Une retenue accentuée par la performance de tous les acteurs, et par certaines scènes particulièrement réussies. Notamment celle qui clôt le film, à la fois anodine et très lourde de sens. De plus, grâce à la personnalité de la famille d’adoption, le récit est constamment empreint d’un sentiment de chaleur et d’espoir qui fait de ce film un moment de juste balance entre dure réalité et promesses d’avenir. Dommage que, de temps à autre, le récit souffre de quelques petites longueurs. Mais des longueurs restant tout à fait pardonnables, et ne nuisant pas à l’intérêt suscité.

Philippe Thonney