Je danserai si je veux

Affiche Je danserai si je veux
Réalisé par Maysaloun Hamoud
Pays de production Palestine, Israël, France
Année 2016
Durée
Musique M.G. Saad
Genre Drame
Distributeur inconnu
Acteurs Mahmud Shalaby, Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura, Henry Andrawes
N° cinéfeuilles 772
Bande annonce

Critique

Trois jeunes Palestiniennes, l’une chrétienne et les deux autres musulmanes, vivent en colocation à Tel Aviv. Malgré leurs différences, elles aiment boire, fumer, faire la fête. Elles s’entendent à merveille et invitent régulièrement leur ami respectif. Bref, tout irait très bien s’il n’y avait pas les traditions ancestrales que leurs parents ne manquent pas de leur rappeler si ce n’est pas de leur imposer.

Membre d’un collectif de jeunes cinéastes dont le seul but est de faire connaître la culture arabe dans une société où elle est parfois minoritaire, la réalisatrice signe un long métrage éminemment politique. Elle revendique la possibilité pour les jeunes générations de s’émanciper des traditions. «L’intégrisme est une maladie mortelle. Si on refuse de secouer le tapis, on risque de se retrouver enterré en dessous», confie-t-elle.

C’est ainsi que Maysaloun Hamoud s’attache à souligner l’énergie, l’audace et le goût de liberté qui habitent ces trois femmes. Lesquelles, pour autant, n’en restent pas moins victimes de la domination machiste pour l’une, des pressions familiales pour la deuxième et de l’hypocrisie du Tartuffe religieux pour la dernière.
Cette réflexion sur les différents visages de l’émancipation féminine dans les cultures arabes est une passionnante démarche, irriguée d’énergie, de musique et de modernité. A travers ces trois femmes fortes, ce film parvient à parler avec justesse de cette jeunesse palestinienne, urbaine, émancipée, instruite, structurée par un esprit militant et déterminé et, quelque part, respectueuse de la spiritualité de chacune. De plus, grâce à un humour et une énergie communicative, ce film finit par emporter notre totale adhésion.

Georges Blanc