Francofonia

Affiche Francofonia
Réalisé par Alexandre Sokourov
Pays de production France, Allemagne, Pays-Bas
Année 2014
Durée
Musique Murat Kabardokov
Genre Drame, Historique
Distributeur looknow
Acteurs Louis-Do de Lencquesaing, Benjamin Utzerath, Vincent Nemeth, Johanna Korthals Altes, Jean-Claude Caër
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 735
Bande annonce

Critique

En 2005, sous l’autorité du directeur du Louvre Henri Loyrette, l’idée d’une ambitieuse collection cinématographique voyait le jour, qui ouvrait les portes, les collections et le financement partiel du musée à quelques cinéastes-artistes désireux d’y filmer ce que bon leur semblait. Un premier film prit forme en 2008 avec Visage, du réalisateur taïwanais Tsaï Ming-liang, curieuse comédie musicale qui réunissait notamment Jean-Pierre Léaud et Laetitia Casta. Le deuxième, est celui du réalisateur russe Sokurov qui a déjà consacré  un film (L’Arche russe, 2002) à l’un des musées les plus célèbres du monde, l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Son film vient à point nommé alors qu’au Moyen-Orient,  certains tentent de sauver, lorsque c’est encore possible, des chefs-d’œuvre appartenant au patrimoine mondial.  Sokourov poursuit ainsi son analyse des rapports entre l’art et le pouvoir, et questionne ce que l’art nous dit de nous-mêmes. Et la question qui  l’intéresse tout particulièrement est la suivante : « Comment les Français ont-ils réussi à préserver les collections du Louvre ? ». Aussi son documentaire retrace-t-il l’histoire de la collaboration de Jacques Jaujard (Louis-Do Lencquesaing) et du Comte Franziskus Wolff Metternich (Benjamin Utzerath) pour la préservation des trésors du musée du Louvre.

Toutefois, les moyens mis ici en œuvre déplacent les frontières du genre. Sokurov exploite des documents d’archives montrant « Paris, ville ouverte » et déserte avec son nouveau maître (nazi) faisant le tour du propriétaire. Il scrute très attentivement une galerie de portraits (« que  serait l’art européen sans celui du portrait ? ») et invite la France elle-même, sous les traits de Marianne (Johanna Korthals Altes ) à hanter ledit musée où Napoléon (Vincent Nemeth) se targue d’avoir ramené des œuvres majeures. Ainsi le réalisateur multiplie-t-il les artifices et les trouvailles de mise en scène, comme pour mieux révéler que les temps et les périodes se tissent, s’éclairant et s’assombrissant les unes  les autres,  et que les musées sont des lieux essentiels pour mener l’homme vers lui-même. Si Diplomatie de Volker Schlöndorff relatait pourquoi les Allemands quittèrent Paris en ne laissant pas un champ de ruines, Francofonia s’en tient au Louvre et à ses  collections, mais élargit le champ en soulignant la fragilité de l’art et de sa transmission.

Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Serge Molla 14
Georges Blanc 16