De la rue aux étoiles

Réalisé par Verena Endtner
Pays de production Suisse
Année 2013
Durée
Genre Documentaire.
Distributeur Aloco
Acteurs Jennifer Peedom
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 699

Critique

Le cirque Upsala de Saint-Pétersbourg est une institution sociale et, se dit-on en voyant ce film de la réalisatrice suisse Verena Endtner, un chef-d'œuvre de générosité et d'utilité publique. Fondé en 2000 (et toujours dirigé aujourd'hui) par Larissa Afanasyeva, sa particularité est que tous ses artistes sont des enfants de la rue, orphelins ou enfants de marginaux, abandonnés de tous, promis à la misère et la délinquance. Le cirque leur offre une nouvelle vie, gîte et couvert, et l'assistance sociale nécessaire pour éventuellement leur éviter une vie sordide pratiquement jouée d'avance.
Toute la première partie du film est remarquable. Outre les séquences nous montrant les cours de clown ou d'acrobatie de cette belle école du cirque et de la vie, on y découvre les espoirs, les soucis et les pensées de la directrice et de différents assistants sociaux, qui mettent tout leur cœur dans cette entreprise salvatrice. On s'intéresse plus précisément à deux de ses membres. Tout d'abord Mischa, 18 ans, ancien élève du cirque, qui aujourd'hui y travaille comme enseignant, tout en donnant également des cours dans une prison pour mineurs. Et le petit Danja, 8 ans, adopté par le cirque à l'âge de 5 ans alors qu'il passait ses journées dans une décharge publique; il est aujourd'hui la star d'Upsala. Il est touchant de voir ce bambin, dont la mère est morte et le père est en prison, et dont le seul avenir était la rue, dédicacer des affiches à de très jeunes groupies ou se baigner dans la Sarine lors du passage du cirque en Suisse. Dans une très belle séquence, on découvre la grand-mère de cet enfant découvrir avec stupeur et émerveillement les talents et la popularité de son petit-fils.

La dernière demie heure est plus laborieuse. Le film laisse de côté son thème principal pour se concentrer sur les difficiles conditions de vie d'une jeune femme SDF qui n'aura pas eu la chance de croiser la route de Larissa Afanasyeva, ou d'un enfant maltraité, traumatisé et trop psychologiquement instable pour être admis au cirque. Ces scènes soulignent le fait qu'une toute petite minorité de jeunes bénéficie de cette seconde chance, et que tous les autres sont abandonnés par la société et le gouvernement. Mais cela tue la lueur d'espoir que le film veut faire naître, tout en en rallongeant inutilement la durée. Cela dit, on sort de la salle en se remémorant les paroles de la grand-mère du petit Danja: «Il a tellement changé. Avant, il traînait dans les décharges publiques et dans la rue, il disait des grossièretés. Mais quand on est allés au Cirque Upsala, ça lui a plu d'emblée. C'est aussi parce que les règles sont claires. On n'a pas le droit d'insulter autrui. On ne fume pas, on ne jure pas.»

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 17
Daniel Grivel 14
Philippe Thonney 17