Télé Gaucho

Affiche Télé Gaucho
Réalisé par Michel Leclerc
Pays de production France
Année 2011
Durée
Musique Jérôme Bensoussan
Genre Comédie
Distributeur UGC Distribution
Acteurs Eric Elmosnino, Emmanuelle Béart, Sara Forestier, Maïwenn, Félix Moati
N° cinéfeuilles 670
Bande annonce

Critique

Entre 1995 et 2000, Michel Leclerc a fait partie de l’équipe de Télé Bocal, cette station alternative et militante qui rêvait de «tuer» la déjà toute-puissante télévision commerciale. C’est donc à partir de son expérience personnelle et intime qu’il a écrit et réalisé TELE GAUCHO. Dans une ambiance libertaire et anar, mais de manière trop foutraque et brouillonne, le scénario suit la vie collective et les équipées d’une bande de copains, principalement le parcours de Victor (Félix Moati), jeune homme confronté à ses idéaux, ses ambitions artistiques, un premier amour et la paternité.

Après son excellente comédie LE NOM DES GENS (2010), Michel Leclerc nous laisse un goût d’inabouti avec ce dernier film: à part le personnage de Victor, qui possède une certaine épaisseur et complexité, à part Clara (la si fraîche et étonnante Sara Forestier), un peu dingue et jetée, tous les autres naviguent dans le registre des coups de gueule, hurlements, invectives, insultes et grossièretés. Il leur manque un discours politique qui tienne, un minimum de cohérence et de persévérance dans la militance. Et tout cela aurait pu être sauvé par un peu d’humour, de poésie, d’autodérision… Aux antipodes de TELE GAUCHO, APRES MAI d’Olivier Assayas enchante avec une restitution si touchante et lucide des années charnières qui ont suivi mai 68. Mais peut-être que la déception ressentie tient au fait que Michel Leclerc s’attaque à la génération suivante, marquée par la désillusion, quand l’enthousiasme, la fraîcheur, l’idéalisme et l’effervescence artistique se sont évaporés.

Ne restent que le dogmatisme de Yasmina (Maïwenn) et les coups foireux de Jean-Lou (Eric Elmosnino). Et si c’était là le reflet désabusé mais clairvoyant des lendemains qui chantent et n’en finissent pas de déchanter?

Note: 12

Anne-Béatrice Schwab