Toutes nos envies

Affiche Toutes nos envies
Réalisé par Philippe Lioret
Pays de production France
Année 2010
Durée
Musique Flemming Nordkrog
Genre Drame
Distributeur Mars Distribution
Acteurs Vincent Lindon, Pascale Arbillot, Marie Gillain, Yannick Renier, Amandine Dewasmes
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 646
Bande annonce

Critique

On se rappelle les derniers (et excellents) films de Philippe Lioret (JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS, 2006, drame de l’adolescence meurtrie et du deuil familial, et surtout WELCOME, 2008, combat pour le respect des droits de l’homme dans le traitement des clandestins). Avec TOUTES NOS ENVIES - film bien ancré dans la réalité sociale -, le cinéaste nous propose un double portrait: celui de Claire (Marie Gillain), 32 ans, deux enfants, juge au tribunal de Lyon, et celui de Stéphane (Vincent Lindon), juge lui aussi, un peu plus âgé, et rugbyman à ses heures. La première entraînera le second dans un combat contre les pratiques abusives de certaines sociétés de crédit. Une complicité s’installera entre eux, une forte amitié aussi, avec des envies de s’engager à fond dans cette lutte juridique, avec l’envie aussi, pour Claire - qui se sait condamnée par le cancer -, de vivre pleinement les derniers mois de sa vie.

Le film peut se lire à deux niveaux. D’abord celui des deux juges qui, touchés par la situation personnelle et précaire d’une jeune femme surendettée, vont s’attaquer aux institutions bancaires ayant trouvé le moyen de gagner beaucoup d’argent en profitant de la crédulité des gens. Quant au deuxième niveau de lecture, c’est celui de l’existence personnelle et familiale - tout à coup perturbée - de Claire, qui s’efforce de cacher son mal à son entourage.

Porté par des acteurs impeccables - Vincent Lindon étonne toujours par la qualité de ses choix (de films) et par la sobriété de son jeu -, TOUTES NOS ENVIES s’inspire d’une œuvre autobiographique d’Emmanuel Carrère. Philippe Lioret en a repris les lignes directrices (la détermination de deux juges de dénoncer certaines sociétés de crédit, et l’amitié naissante entre deux êtres dans un contexte difficile). Fait de révolte et de tendresse, de conflits et de non-dits, le film se perd parfois dans certaines séquences qui auraient gagné à être plus resserrées, mais on ne pourra pas faire à son auteur le reproche d’avoir voulu éviter des questions d’importance, qu’elles soient d’actualité ou existentielles. Voilà un film fort (dans son propos) et délicat (dans sa forme).

Note: 14

Antoine Rochat