Poulet aux prunes

Affiche Poulet aux prunes
Réalisé par Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud
Pays de production France, Belgique, Allemagne
Année 2011
Durée
Musique Olivier Bernet
Genre Drame
Distributeur Le Pacte
Acteurs Eric Caravaca, Mathieu Amalric, Edouard Baer, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani
N° cinéfeuilles 645
Bande annonce

Critique

L’action se situe en 1958, dans un Téhéran sombre et fantomatique de bande dessinée, celle de Marjane Satrapi, à la fois dessinatrice de BD et scénariste. Dans un accès de colère contre son époux qui néglige ses enfants et son foyer, la femme de Nasser Ali Khan (Mathieu Amalric) brise le précieux violon de l’artiste. Celui-ci, ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, perd le goût de vivre et se couche dans son lit, décidé à s’y laisser mourir. En attendant que la mort vienne, il se met à rêver au passé, à sa jeunesse, se rappelle son professeur de violon qui lui avait révélé avec sévérité que, sans amour ni sentiments, la meilleure technique musicale du monde ne servait à rien. Il se met aussi à dialoguer avec Azraël, l’ange de la mort (Edouard Baer). Peu à peu, le secret qui sous-tend sa vie et qui a donné à sa musique l’étincelle de génie, est révélé: c’est l’amour fou qui le liait à la fille d’un horloger antiquaire, à laquelle il a dû renoncer sous la contrainte.

Marjane Satrapi s’est inspirée de l’histoire de son grand-oncle, musicien iranien reconnu, pour réaliser la bande dessinée qu’elle a adaptée au cinéma avec Vincent Paronnaud, son complice. Le tandem avait brillamment réussi son premier film, PERSEPOLIS, qui remporta en 2007 le Prix du Jury au Festival de Cannes. Cette fois-ci, les deux compères ont mêlé aux techniques d’animation et aux ombres chinoises de vrais acteurs. A mesure que le film avance, après un début un peu lent, la magie de ce qui est en fait un conte à tiroirs opère. Mathieu Amalric, qui est le pivot du film, est tout particulièrement fascinant avec son regard hypnotique un peu fou. Il traverse le film comme un personnage de BD un brin caricatural, qui prend peu à peu chair et se pare d’émotions qui nous touchent. Jamel Debbouze, lui, est carrément bluffant dans le rôle de personnages extravagants.

Note: 15