Ligne droite (La)

Affiche Ligne droite (La)
Réalisé par Régis Wargnier
Pays de production France
Année 2010
Durée
Musique Patrick Doyle
Genre Drame
Distributeur pathefilms
Acteurs Rachida Brakni, Clémentine Célarié, Cyril Descours, Seydina Baldé, Thierry Godard
Age légal 7 ans
Age suggéré 10 ans
N° cinéfeuilles 632
Bande annonce

Critique

Les cinéphiles ont jadis apprécié Je suis le seigneur du château  (1989) et Indochine (1992). Depuis? Pas grand-chose: en quinze ans, quatre films seulement, dont on a presque oublié les titres. La ligne droite risque bien de connaître le même sort, et pourtant le sujet ne manque pas d’originalité, avec deux destins croisés, celui de Leïla (Rachida Brakni), jeune femme qui sort de cinq ans de prison et cherche à se réinsérer dans la société, et celui de Yannick (Cyril Descours), jeune homme qui a perdu la vue il y a six mois dans un accident de la circulation. Deux personnages hors du commun, deux anciens athlètes (spécialistes de la course) qui ne veulent pas abandonner leur sport. La course en ligne, c’est d’ailleurs la seule discipline que Yannick peut encore pratiquer, avec l’aide d’un guide auquel il est attaché par un fil. Leïla sera engagée pour le seconder.

Autour de ces deux protagonistes qui cherchent à redémarrer dans l’existence, on croisera, par la suite, beaucoup d’autres personnages. Trop peut-être: l’attention se disperse, la crédibilité diminue, les histoires passées (et compliquées) de chacun diluent l’intérêt. Une approche plus intime (fine et difficile) de Yannick et de Leïla impliquait sans doute une autre démarche, moins extérieure, et une intrigue moins convenue.

La ligne droite est un film appliqué, chaque séquence se devant de créer suspense et tension. Le contexte sportif (engagement, énergie, dépassement de soi) s’y prêtait. L’option choisie était donc sympathique: montrer comment deux accidentés de la vie vont tenter de remonter la pente. Les acteurs font de leur mieux, Rachida Brakni tout particulièrement, tout comme Cyril Descours, dans un rôle difficile. Le cinéaste a fait par ailleurs appel à des sportifs reconnus, en particulier à Aladji Ba, coureur malvoyant. Il n’en reste pas moins que les échanges entre tous ces personnages (le ton général des dialogues, monocorde, est toujours tendu, dramatisé, et peu naturel) ne sont pas toujours convaincants. Et la musique, insistante et omniprésente, n’ajoute rien.

Vies privées, difficultés conjugales, ambitions déçues, problèmes spécifiques à la malvoyance, nécessité de trouver une raison de vivre, solidarité, Régis Wargnier ratisse probablement trop large, suit trop de pistes et se perd dans les virages... La ligne droite reste sans doute une histoire correctement racontée, avec des images adéquates, mais le film garde un côté très «écrit», souvent privé de véritable émotion: à la place de «scènes de cinéma» on aurait souhaité, dans la description des personnages centraux en tous cas, une approche plus sensible et un «voyage intérieur» plus authentique.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 10
Georges Blanc 11
Daniel Grivel 9
Geneviève Praplan 9
Anne-Béatrice Schwab 11