Rien sur Robert

Affiche Rien sur Robert
Réalisé par Pascal Bonitzer
Pays de production France
Année 1998
Durée
Musique Bruno Fontaine
Genre Comédie dramatique
Acteurs Michel Piccoli, Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Valentina Cervi, Bernadette Lafont
N° cinéfeuilles 366
Bande annonce

Critique

Juliette (Sandrine Kiberlain) adore la provocation, elle ne cesse de répéter à Didier (Fabrice Luchini) que c'est lui qu'elle aime, et le lui rappelle à chaque fois qu'elle part avec un autre. Dans un langage cru et très réaliste, elle raconte ses expériences sexuelles. Le reste du temps, elle semble incapable d'ouvrir la bouche sans être vulgaire.

Didier, critique littéraire, n'a pas vraiment un caractère meilleur; irascible, soupçonneux, presque paranoïaque. Quelque peu désorienté par la logique pour le moins déconcertante de Juliette, il se laisse attirer par Aurélie (Valentina Cervi), jeune femme fragile rencontrée à l'occasion d'un dîner auquel il n'était pas invité.

Si, après avoir vu ce film, vous vous étonnez de ne pas y avoir aperçu un personnage portant le nom de Robert, pas de panique. N'allez pas imaginer avec inquiétude que vos facultés sont en train de diminuer sérieusement et que vous n'être plus capable d'attention soutenue pendant 1 h 45. Non, vous n'avez rien manqué. Il n'y a pas de Robert dans cette histoire. Le titre du film correspond donc bien à la réalité. Il ne dit rien sur Robert parce qu'il n'y a pas l'ombre d'un Robert. Si Bonitzer n'a rien à dire sur Robert, a-t-il au moins quelque chose à dire sur Didier ou Juliette? En leur taillant une personnalité bien typée, Bonitzer parvient à leur donner une certaine consistance, que l'on apprécie ou non.

Il crée de même des situations intéressantes parce qu'insolites et presque surréalistes, toujours grâce à des personnages fortement dessinés: l'ancien professeur (Michel Piccoli), Aurélie, l'écrivain à la mode.

Si les personnages ont donc une certaine consistance, un certain relief, cela ne suffit pas, et de loin, à faire un film, si bien que celui-ci sonne finalement creux, malgré un côté un peu satirique qui ne peut suffire à le sauver.

Plusieurs films récents donnent d'ailleurs le même sentiment, comme si l'on ne savait plus réussir la rencontre de personnages forts et d'histoires fortes.

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