Tristan & Yseult

Réalisé par Kevin Reynolds
Pays de production Grande-Bretagne, U.S.A.
Année 2006
Durée
Musique Anne Dudley
Genre Romance, Drame
Distributeur Twentieth Century Fox France
Acteurs Dexter Fletcher, Rufus Sewell, James Franco, Sophia Myles, David O'Hara
Age légal 12 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 530
Bande annonce

Critique

C'est au cinéaste Kevin Reynolds (ROBIN DES BOIS, PRINCE DES VOLEURS, 1991; LA VENGEANCE DE MONTE-CHRISTO, 2001) ainsi qu'aux producteurs et spécialistes des films d'action Tony et Ridley Scott que l'on doit cette nouvelle version des heurs et malheurs de Tristan et Yseult. Voilà donc le public averti: il y aura du spectacle.

Au départ, une tentative intéressante peut-être, dans sa volonté de replacer dans son contexte historique la célèbre légende celtique, délibérément dépouillée cette fois-ci de tous ses éléments magiques (pas de philtre d'amour!) Il y a là l'idée d'enraciner l'histoire dans le long conflit qui oppose, dès la disparition de l'Empire romain, l'Irlande et l'Angleterre.

Dans sa lutte contre le roi Donnchadh, souverain d'Irlande qui a pris pied en Cornouailles, Lord Marke espère unir toutes les tribus anglaises et apporter paix et stabilité au grand royaume qu'il veut créer. Tristan a grandi à ses côtés depuis que les Irlandais ont massacré sa famille, et Lord Marke le considère à la fois comme son fils et son meilleur homme d'armes. Mais un événement va infléchir le cours de son destin: laissé pour mort après une bataille, Tristan est couché dans une barque qui dérive en direction de l'Irlande... où il sera recueilli et soigné secrètement par la belle Yseult, la propre fille de Donnchadh. le pire ennemi de Tristan et de Lord Marke. La suite est à découvrir, bien éloignée parfois de ce que l'on croyait savoir de la légende du XIIe siècle.

Le film de Kevin Reynolds cherche à prendre pied dans un temps historique de conflits, de mensonges et de trahisons qui deviennent les éléments moteurs du récit. Le traitement se veut nouveau, naturaliste et terre à terre, optant pour un réalisme qui ne conserve rien du fantastique, de la magie ou du romantisme de la légende. Corollaire: l'histoire d'amour (tragique) des deux héros est réduite à la portion congrue, à une anecdote un peu secondaire et tiède.

Une ou deux scènes du film sont à sauver, mais TRISTAN & YSEULT cède le plus souvent à l'académisme ou au spectacle. Les séquences (de bravoure) se succèdent les unes aux autres, mais tout cela manque de rythme. Les costumes, les décors et les paysages sont peut-être magnifiques, mais - que cela plaise ou non - on est très loin de l'archétype du récit amoureux et du lyrisme de l'opéra de Richard Wagner. Ou de l'esprit de L'ETERNEL RETOUR, de Cocteau et Delannoy...

Antoine Rochat