Don't come knocking

Affiche Don't come knocking
Réalisé par Wim Wenders
Pays de production U.S.A., Allemagne, France
Année 2005
Durée
Musique T-Bone Burnett
Genre Drame
Distributeur UIP
Acteurs Sam Shepard, Sarah Polley, Tim Roth, Gabriel Mann, Jessica Lange
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 504
Bande annonce

Critique

Héros de nombreux westerns, Howard Spence doit sa célébrité avant tout à ses frasques: l'alcool, les femmes et la drogue ayant passablement rempli sa vie. Se rendant compte qu'il est sur le déclin et qu'il n'a rien fait de son existence solitaire, en plein tournage dans le désert il quitte brusquement le plateau pour disparaître. Passant chez sa mère qu'il n'a pas revue depuis une trentaine d'années, il apprend qu'il a peut-être un enfant quelque part. Sa vie n'aurait-elle pas été aussi vide qu'il le pense? Pour retrouver ce fils ou cette fille, il s'en va à la recherche de son passé.

Vous l'avez deviné, le cow-boy désemparé de notre histoire est le lointain cousin des marcheurs solitaires de PARIS, TEXAS d'il y a une vingtaine d'années. Ce n'est pas sans raison que Wenders retrouve Sam Shepard avec qui il avait travaillé pour ce film.

Renouant ainsi avec son passé lui aussi, et après quelques œuvres mineures, Wenders signe ici l'une de ses plus belles réussites. Dans une réalisation très linéaire qui lui vaudra certainement le succès, il est à l'aise autant en filmant les grands espaces qu'en s'attachant à rendre émouvantes et crédibles les scènes jalonnant le parcours intérieur d'Howard. Aussi vil que puisse paraître ce dernier, on finit par s'attacher à lui, tant la quête de son passé est poignante, mais aussi gauche quelque part. Même si le dénouement de l'histoire est un peu conventionnel et mélodramatique, on est heureux d'avoir retrouvé un grand Wenders.

Georges Blanc


Avec la collaboration de son scénariste préféré, Wim Wenders retrouve l'ambiance de PARIS, TEXAS. Histoire de famille, dans la puissance de l'Ouest américain.

La tendance est nouvelle, plusieurs films consacrés à la relation père/fils ont occupé les écrans ces derniers mois. DON'T COME KNOCKING vient s'ajouter à la liste sans apporter du nouveau. Le thème du père racheté par son enfant est contenu dans KOKTEBEL, film russe sorti au printemps qui la développe avec une force inégalée. Et le dernier film de Jim Jarmusch est déjà sur les écrans; BROKEN FLOWERS explore la même idée, avec plus de légèreté et d'humour. Pour autant, il n'est pas question de dédaigner cette nouvelle œuvre de Wim Wenders qui jette un clin d'œil au cinéma, au western surtout, dans le décor (trop?) splendide des Montagnes Rocheuses.

Howard Spence (Sam Shepard) fuit sans prévenir le tournage du film, dont il joue l'héroïque cow-boy, et se réfugie chez sa mère (Eva Marie Saint) à Las Vegas. La gloire qu'il a connue dans le passé semble aujourd'hui révolue. Le voici écœuré par sa propre vie, par les femmes, l'alcool, la drogue devenues ses compagnes permanentes. Lorsque sa mère lui apprend qu'il a un fils (Gabriel Mann) dans le Montana, la nouvelle arrive comme un coup de projecteur dans sa triste existence. Retrouver la femme (Jessica Lange) et faire connaissance avec le garçon deviennent son objectif prioritaire. Le temps presse. Tandis qu'une jeune fille (Sarah Polley) croise étrangement son itinéraire, il est poursuivi par Sutter (Tim Roth), le chasseur de prime chargé de le ramener sur les lieux du tournage.

"Le sujet de mon film porte sur la désintégration de la famille, précise Wim Wenders. Le monde entier est concerné par ce problème et le manque d'amour qui en résulte." Mais Sam Shepard, qui a signé le scénario, n'a pas tant pensé au thème de l'histoire qu'à ses personnages, cherchant à les rendre aussi crédibles que possible: "C'est quelque chose de tactile, pas d'abstrait." Cela fonctionne, les protagonistes existent bel et bien, les comédiens qui les incarnent donnent le ton juste. On se laisse volontiers emporter par un récit qu'un peu plus de retenue n'aurait cependant pas gâché.

Mais au-delà de l'histoire et de son romantisme, c'est l'œil de Wim Wenders qui s'impose. Il montre des Etats-Unis vrais, avec leurs miasmes, leurs ratages, les pluies de néons de Las Vegas, les bidonvilles indiens, les petites villes perdues dans le désert. C'est l'envers du ""rêve américain"", le dérisoire qu'il charrie. Le réalisateur allemand montre aussi la splendeur des paysages, qu'il enrobe d'éclairages choisis. Ses larges panoramiques, presque minéraux, sont habités de lumière. On frôle l'esthétisme.

DON'T COME KNOCKING déroule ses drames quotidiens à travers une mise en scène tenue et maîtrisée plan après plan. Le film est construit dans la grande tradition classique, histoire d'une fuite de soi qui avance lentement vers des jours meilleurs, histoire de tous les jours, où il est beaucoup question du courage qui manque lorsqu'il s'agit de faire face à son propre visage.

Geneviève Praplan

Ancien membre

Appréciations

Nom Notes
Georges Blanc 17
Daniel Grivel 16