Isabelle Huppert

Photo de Isabelle Huppert

Biographie

Fille d'un PDG d'une entreprise de coffres-forts et d'une prof d'anglais, Isabelle Huppert grandit à Ville d'Avray. Inscrite au conservatoire de Versailles par sa mère, elle remporte un premier prix avec Un caprice de Musset. Après une licence de russe, elle suit des cours au Conservatoire, avec pour profs Jean-Laurent Cochet et Antoine Vitez. Elle débute au cinéma dans Faustine et le bel été, trouvant vite des seconds rôles dans des films marquants des années 70 (César et Rosalie, Les Valseuses, Le Juge et l'Assassin). En 1976, elle est Pomme, apprentie coiffeuse à la tristesse insondable, dans La Dentellière de Goretta, oeuvre délicate qui la révèle au grand public.

A 25 ans, Huppert reçoit le Prix d'interprétation à Cannes pour son rôle de parricide dans Violette Nozière de Chabrol (1978). Dès lors, elle tourne avec les cinéastes français les plus exigeants, Godard (Sauve qui peut la vie, Passion) ou Pialat (Loulou, 1980), ce qui vaut à cette comédienne discrète une image d'intellectuelle. Elle se montre pourtant à l'aise dans les registres les plus variés, de l'ambiguité (Eaux profondes) à la fantaisie (La Femme de mon pote). Partie à Hollywood pour La Porte du paradis, western maudit de Cimino, elle acquiert une renommée internationale, et travaille avec Wajda, Ferreri et Losey. Parallèlement, les succès de Coup de torchon et de Coup de foudre assurent sa popularité en France.

Elle poursuit une fructueuse collaboration avec Chabrol qui semble avoir trouvé, avec cette actrice subtile jusqu'au vertige, l'interprète idéale : elle incarne pour lui Madame Bovary, mais aussi une faiseuse d'anges (Une affaire de femmes) et une postière criminelle (La Cérémonie) -deux films pour lesquels elle est primée à Venise en 1988 et 1995- une patronne perverse (Merci pour le chocolat) et une juge opiniâtre (L'Ivresse du pouvoir). A partir des années 90, elle explore les frontières entre raison et folie, à travers ses rôles chez Schroeter, Mazuy (Saint-Cyr) ou lors de ses incursions dans la comédie (8 femmes, Les Soeurs fâchées).

Accumulant récompenses et hommages (Prix à Cannes en 2001 pour sa composition de Pianiste frustrée chez Haneke, Prix spéciaux pour l'ensemble de sa carrière à San Sebastian en 2003 et Venise en 2005, expo photo qui fait le tour du monde en 2006), l'hyper-active Huppert (chacune de ses prestations théâtrales crée l’événement) tourne avec la fine fleur du cinéma d'auteur hexagonal (Doillon, Jacquot, Assayas, Chéreau), mais aussi avec de jeunes Européens prometteurs (Lafosse, Ursula Meier) ou des Américains iconoclastes (Hartley, O. Russell). Elle part au Cambodge pour Un barrage contre le Pacifique, au Cameroun pour White Material et en Italie pour Villa Amalia, trois films à l'affiche en 2009.

Cette année-là, la cinéphile Huppert préside le jury du Festival de Cannes. L'année d'après, l'actrice joue la mère fantasque de Lolita Chammah (sa fille à la ville), dans la comédie dramatique de Marc Fitoussi, Copacabana, avant de prêter ses traits à une prostituée désirant refaire sa vie dans Sans queue ni tête de la fantaisiste Jeanne Labrune. En 2011, elle partage l'affiche de Mon pire cauchemar avec Benoît Poelvoorde, devant la caméra d'Anne Fontaine. Dans cette comédie écrite pour elle, la comédienne interprète Agathe, une mère de famille à qui tout réussi, s'opposant ainsi de manière radicale au personnage tenu par Poelvoorde.

L'année suivante, la prolifique actrice tourne dans le film historique de Valeria Sarmiento, Les Lignes de Wellington. Mort avant le tournage, Raoul Ruiz n'a pu achever lui-même cette fresque napoléonienne où la Française donne la réplique à John Malkovich. 2012 est une grande année pour Isabelle qui se retrouve à l'affiche de plusieurs films prestigieux dont In another country et Captive, où elle campe avec force une femme prise en otage aux Philippines. Michael Haneke fait également appel à elle pour se glisser dans la peau de la fille de Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva dans le très primé Amour.

En 2013, Isabelle entre au Couvent et devient Mère Supérieure pour Guillaume Nicloux dans La Religieuse. Dans le même temps, elle fait une halte en Italie pour le drame politique La Belle endormie de Marco Bellocchio. La comédienne traverse ensuite l'Atlantique pour donner la réplique à Colin Farrell dans le thriller d'action Dead Man Down.

L'année suivante, l'actrice joue une cinéaste qui se fait manipuler par Kool Shen dans Abus de faiblesse de Catherine Breillat. En 2015, elle retrouve Guillaume Nicloux pour tourner Valley of Love, un drame dans lequel elle joue l'ex femme de Gérard Depardieu. Très prolifique, Isabelle est à l'affiche de 4 films en 2016. Elle s'illustre donc dans le drame Tout de suite maintenant, Souvenir, où elle incarne une chanteuse oubliée, L'Avenir, dans lequel elle campe une prof de philo qui doit réinventer sa vie et enfin Elle de Paul Verhoeven.

Ce thriller remporte un franc succès et rafle notamment les Césars du meilleur film et de la meilleure actrice pour Huppert. En 2017, Isabelle retrouve le réalisateur Michael Haneke pour tourner Happy End, instantané d’une famille bourgeoise européenne.

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