Vie promise (La)

Affiche Vie promise (La)
Réalisé par Olivier Dahan
Pays de production France
Année 2001
Durée
Genre Drame
Distributeur Bac Films
Acteurs Isabelle Huppert, Fabienne Babe, Pascal Greggory, André Marcon, Maud Forget
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 443
Bande annonce

Critique

Le précédent film d'Olivier Dahan est relativement récent, puisqu'il s'agit du PETIT POUCET, celui du conte de Perrault. Dans LA VIE PROMISE, l'enfance est également présente, sous la forme de Laurence (Maud Forget), fille vue à travers les yeux de sa mère Sylvia (Isabelle Huppert), une prostituée.

Avec d'autres, Sylvia racole des automobilistes le long d'une avenue niçoise. Sa fille, placée dans une famille d'accueil, elle ne la porte apparemment pas dans son coeur et la traite avec dureté, lui lançant par exemple son cadeau d'anniversaire sans un mot ni un geste d'affection.

Malgré tout, Laurence reste attachée à sa mère et s'introduit clandestinement dans son appartement pour la retrouver. Mais lorsque celle-ci rentre, c'est accompagnée de deux maquereaux menaçants qui l'accusent d'avoir détourné l'argent de ses passes; la situation se tend, Laurence (qui s'est munie discrètement d'un couteau) surgit de la cuisine pour défendre sa mère et, agressée par l'un des hommes, le tue tandis que l'autre prend la fuite. Stressée, Sylvia ramasse ses cliques et ses claques et emmène Laurence afin d'échapper à la police. Elle compte aller dans l'Isère, espérant retrouver son premier mari dont elle a eu un fils.

Le parcours est chaotique et cahotique, ponctué par des crises épileptoïdes de Laurence qui, lasse d'être rabrouée par une mère instable et immature, finit par la quitter. Mère et fille suivent un trajet parallèle: la première se cherche, croise la trajectoire de Joshua, taulard en liberté provisoire, et se trouve en récupérant son dossier dans une clinique où elle a séjourné; la seconde tombe aussi sur Joshua. Peu à peu, le tissage va se resserrer entre ces trois personnages en rupture.

Par ses cadrages, Olivier Dahan confère aux étendues de la campagne et des montagnes de France une ampleur de Far West américain; il aime laisser se dresser au premier plan la corolle d'une fleur. Il ne redoute pas un certain kitsch, des couleurs pétantes dans les vêtements de Sylvia et dans les décors. Ça fait parfois un peu roman-photos, mais ce n'est pas gênant.

Et puis, à part Maud Forget et Pascal Greggory, tous deux excellents, il y a Isabelle Huppert, qui sublime son rôle. On ne la reconnaît pas du premier coup, au début, mais elle explose par la suite, dans sa figure de lonesome cow girl, comme elle qualifie son personnage. Fragile et farouche, impulsive et tendre, elle joue admirablement de tous les registres, démontrant une fois de plus, si besoin était, qu'elle est capable de se mettre dans n'importe quelle peau, et cela sans même avoir besoin de dire un seul mot.

Daniel Grivel