Accords et désaccords

Affiche Accords et désaccords
Réalisé par Woody Allen
Titre original Sweet and Lowdown
Pays de production U.S.A.
Année 1999
Durée
Musique Jean Lenoir
Genre Comédie dramatique, Musical
Distributeur universal
Acteurs Sean Penn, Gretchen Mol, Samantha Morton, Uma Thurman, Anthony LaPaglia
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 386
Bande annonce

Critique

Accords de guitare, désaccords avec soi-même. C'est la guitare qui reste en mémoire.

Comme nouvelle preuve de son attachement au jazz, Woody Allen invente le guitariste Emmet Ray, histoire de rendre hommage à Django Reinhardt.

Le guitariste américain Emmet Ray n'a jamais existé. Woody Allen entreprend toutefois de raconter son histoire, pas tant pour tromper le public sur son existence que pour dresser une sorte de portrait de l'âge d'or du jazz. Il en résulte un divertissement agréable et, sinon un monument dans l'oeuvre du réalisateur américain, une plongée savoureuse dans l'univers du jazz des années trente, ses clubs, ses impresarios, ses musiciens.

Woody Allen choisit une démarche de type documentaire. Nous ne possédons presque pas d'archives sur Emmet Ray, avoue-t-il face à la caméra. Ses propos sont complétés lors de plans similaires, par ceux de Dough McGrath et de Nat Hentoff, respectivement scénariste-réalisateur et critique de jazz. Leurs interventions sont, parfois, forcément contradictoires, ils sont si peu renseignés sur le guitariste. Les anecdotes auxquelles ils font allusion résultent de rumeurs diverses et pas toujours concordantes. Certaines de ces anecdotes, l'attaque de la station-service par exemple, sont tournées dans leurs versions différentes, pour les besoins du film. Un scénario plus riche aurait probablement rendu inutiles ces séquences.

Emmet Ray a mené, pour autant qu'on le sache, une vie éparpillée. Sa relation amoureuse la plus connue est celle qu'il a nouée avec Hattie, une jeune muette, qui travaille comme blanchisseuse, et dont l'actrice anglaise Samantha Morton incarne parfaitement les émois, les souffrances, les espoirs, par son jeu subtil et délicat. Plus tard, on a su qu'il avait épousé une femme fantasque et élégante. Blanche (Uma Thurman) est aussi spectaculaire et remarquable que Hattie est effacée. Emmet Ray n'a, de fait, d'autres amours que son instrument. Extrêmement sûr de lui, donc très désécurisé, il se présente toujours comme le meilleur. Un seul guitariste est inégalable. Et voilà Emmet prêt à agiter le drapeau blanc face à son maître, son dieu: le guitariste gitan Django Reinhardt dont il ne cesse de rappeler le talent insurpassable.

Voilà toute l'histoire filmée et racontée par Woody Allen. Il faudra donc bien se contenter d'autres choses, et heureusement, il y a de quoi se satisfaire. A commencer par le jeu des acteurs. Donnant la réplique à Uma Thurman et Samantha Morton, Sean Penn endosse le personnage d'Emmet comme s'il enfilait des gants de chirurgien, au risque de faire oublier sa réalité d'acteur pour incarner au sens propre un musicien totalement inventé. Le travail cinématographique rend honneur à ce film d'époque, plans soignés, montage cohérent, éclairage somptueux dû au chef opérateur Zhao Fei (Epouses et concubines), qui fait ses débuts aux Etats-Unis.

Enfin, la part la plus belle est celle de la musique. Django Reinhardt triomphe en alimentant pour le plaisir du public la grande partie de la bande-son.

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 14
Georges Blanc 14
Ancien membre 16
Ancien membre 17
Ancien membre 14
Ancien membre 14