Fils (Le)

Affiche Fils (Le)
Réalisé par Jean-Pierre, Luc Dardenne
Pays de production France, Belgique
Année 2001
Durée
Genre Drame
Distributeur Diaphana Films
Acteurs Olivier Gourmet, Morgan Marinne, Isabella Soupart, Rémy Renaud, Nassim Hassaïni
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 438
Bande annonce

Critique

Dans un premier plan significatif, la caméra s'attarde sur la nuque d'un homme, comme pour mieux souligner l'accablement qui le marque! On apprend bientôt qu'Olivier, responsable d'un atelier de menuiserie, a refusé de prendre un jeune apprenti dans son cours. Il se met pourtant à le suivre et à l'épier. Intrigué par le jeune garçon, il semble aussi le craindre quelque part. Quel lien secret unit ces deux hommes?

Avant de nous donner les deux œuvres remarquables qu'ont été LA PROMESSE et ROSETTA, les frères Dardenne avaient réalisé quelques documentaires. Il ne fait aucun doute que cette expérience a donné le ton de cette envoûtante et poignante approche d'un drame humain. Des attitudes, des gestes simples, des regards, fuyants pour la plupart, un dialogue minimaliste, tout concourt à ce que l'émotion nous gagne et nous prépare à la découverte et au dénouement d'une situation ô combien dramatique. Rarement la notion de la compréhension, de l'acceptation et du pardon n'a été aussi bien mise en valeur que dans ce film. L'interprétation des deux acteurs principaux y est pour beaucoup. Nul doute que l'histoire de ce père et de ses deux fils fera date parmi les œuvres empreintes d'une indéniable spiritualité.



Georges Blanc





Remarqué par le Jury œcuménique à Cannes qui lui a attribué une mention, le dernier film des frères Dardenne (LA PROMESSE, ROSETTA) est une œuvre très forte qui plonge le spectateur au cœur d'un drame humain avec une telle intensité que chacun a le sentiment de la vivre.

On ne résumera pas le scénario, car l'art des cinéastes - venus du documentaire - est précisément de nous faire ressentir le poids des choses avant de nous le faire comprendre.

C'est aussi la faiblesse de ce film, car il faut bien attendre une heure avant de mettre petit à petit les pièces d'une sorte de puzzle à leur juste place. Au moment le plus fort, le film s'arrête, comme si les cinéastes avaient eu peur d'une conclusion trop facile.

Nous n'enlevons rien aux propos élogieux de Georges Blanc (in CINE-FEUILLES n. 438-439, Festival de Cannes 2002). Nous regret-tons toutefois cette mode agaçante de la caméra à l'épaule et de ces perpétuels gros plans. Elle contribue à faire de ce film une œuvre éprouvante, physiquement et moralement. Elle n'en demeure pas moins remarquable.



Maurice Terrail

Ancien membre