Blue Gate Crossing

Affiche Blue Gate Crossing
Réalisé par Yee Chih-yen
Pays de production Taïwan
Année 2001
Durée
Musique Chris Hou
Genre Comédie dramatique
Acteurs Chen Bo-lin, Guey Lun-mei, Liang Shu-hui
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 438
Bande annonce

Critique

Dans un collège de Taiwan, trois adolescents se tournent autour sans trop savoir comment s'y prendre.

Enième film sur les premières amours, le film de Yee Chih-Yen aborde de façon surprenante le passage à l'âge adulte. Des personnages décalés, un humour pince-sans-rire et le politiquement correct du savoir-vivre asiatique rendent ce petit film assez sympathique et plus proche de films comme FUCKING AMAL ou GIRLFIGHT que de la comédie insipide pour ados.

En résumé, une gamine est amoureuse d'un garçon qui fréquente le même lycée qu'elle. Elle demande à sa meilleure amie (elle-même en pleine confusion sur ses attirances sexuelles) de l'aider. Mais le prétendant se méprend sur les intentions de la jeune fille et pense qu'elle agit en son nom propre. S'ensuit une série de quiproquos qui rapprochent involontairement les deux protagonistes.

Le film est touchant: il ménage les sentiments de ces deux âmes en peine et les traite de façon très pudique. Les personnages (une fille plutôt sauvage et un garçon très joli coeur) sont attachants et bien loin des clichés habituels. L'histoire est simple, le scénario et la prise d'images aussi.



Laurence Hottart





Kerou, lycéenne de 17 ans, est l'amie de Yuezhen. Folle amoureuse, celle-ci ne pense qu'au séduisant et sportif Shihao. Le problème de Yuezhen, c'est de ne pas parvenir à établir le moindre contact avec le garçon de ses rêves. C'est donc son amie Kerou qui au départ va jouer les intermédiaires.

A partir du schéma du trio amoureux classique, Chih-yan Yee tisse une intrigue sentimentale qui réussit à rester captivante malgré un rythme lent, encore freiné par quelques longueurs. La nécessaire mise au jour des sentiments par la parole est sans doute le fil rouge qui donne au film tout son sel.

Sur le plan formel, BLUE GATE CROSSING est un lumineux ballet, une délicieuse magie de couleurs et de sons délicatement mis au service de ce sensible portrait d'adolescents.

Si la tendresse du regard porté par le cinéaste et la féerie de ce ballet formel ravissent, le film souffre d'un gros handicap: l'absence d'horizons, à la fois pour les protagonistes et pour le film lui-même. Tout ce récit est enfermé dans une boîte dorée, limitée au monde de l'adolescence, sans références ni aux réalités sociales, ni aux autres couches de générations. Un univers clos, dont les acteurs, les yeux braqués sur la recherche du conjoint idéal, finissent par nous faire croire que la vie n'est pas autre chose qu'un grand sirop bien sucré.



Jacques Michel

Ancien membre