| Réalisé par | Sophie Fillières |
| Pays de production | France |
| Année | 2024 |
| Durée | |
| Musique | Philippe Katerine |
| Genre | Comédie, Drame |
| Distributeur | Adok films |
| Acteurs | Valérie Donzelli, Agnès Jaoui, Philippe Katerine, Angelina Woreth, Édouard Sulpice |
| Age légal | 16 ans |
| Age suggéré | 16 ans |
| N° cinéfeuilles | 929 |
En cette grise rentrée de septembre sort le 7e long métrage de la réalisatrice Sophie Fillières, disparue l’année dernière à l’âge de 58 ans. Bien que son parcours fût coloré d’un ton très absurdement affirmé, ce dernier film, sorti à titre posthume, s’empêtre douloureusement dans le faussement burlesque et agonise dans un grand soupir, sans originalité.
Barberie Bichette (Agnès Jaoui) passe le cap des 55 ans non sans tumulte et remise en question. Celle qu’on surnomme «Barbie» parle fréquemment en vers libres, tentant de trouver un nouveau sens à sa vie déjà bien écrite. Mère célibataire de deux enfants (Angelina Woreth, Édouard Sulpice), en passe de démissionner du marketing, Barbie se sent perdue, quelque part à côté de la plaque et d’un florilège de mauvaises répliques. Poétesse déjà publiée à ses heures perdues, entre deux rendez-vous chez le psy et une rencontre fortuite avec Katerine Philippe (Philippe Katerine), Barberie se roule visiblement dans le creux de sa «quinqua vague» sans pouvoir en sortir. Tous les moyens semblent théoriquement bons pour inverser la machine: shopping, sport, séjour en hôpital psychiatrique… Le tout ponctué de conversations invraisemblables qui composeront un banal bouquet contemporain, illustrant la crise d’une femme de la classe moyenne. Finalement, c’est un voyage en Angleterre qui fera sortir Barbie des méandres de son désespoir. Elle y trouvera, dans l’emballage de son Fish and Chips une annonce sensationnelle, proposant l’achat des titres de noblesse écossais contre quelques mètres carrés de parcelle. Plan de fin: Barberie, devenue «Lady Bichette», recroise Katerine Philippe, grattant son ukulélé dans les Highlands, en lui dédiant par la même occasion quelques couplets improvisés.
Si la première partie de cet article est descriptive, c’est parce que ce film a la particularité de ne pas avoir été terminé par la réalisatrice, décédée peu après la fin du tournage. La tâche incombée à ses enfants, Adam et Agathe Bonitzer, demeure bien évidemment difficile. Dépeindre la dépression dans le style de Sophie Fillières reste un exercice compliqué, mais avant tout délicat, mais qui n’est pas exploré à sa juste valeur dans le montage. On éprouve donc avec pénibilité deux dynamiques dans Ma vie, ma gueule, traduisibles par une crise de la cinquantaine maladroitement ficelée, et d'un recollage de fragments désuets. Rappelons que ce film a été sélectionné par la Quinzaine des cinéastes à Cannes cette année, remportant le coup de cœur de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques).
Émilie Fradella
| Nom | Notes |
|---|---|
| Émilie Fradella | 8 |