| Réalisé par | Lee Isaac Chung |
| Pays de production | États-Unis |
| Année | 2024 |
| Durée | |
| Musique | Benjamin Wallfisch |
| Genre | Action |
| Distributeur | Warner Bros |
| Acteurs | Glen Powell, Anthony Ramos, Daisy Edgar-Jones |
| Age légal | 12 ans |
| Age suggéré | 12 ans |
| N° cinéfeuilles | 926 |
Bien que l’on ne soit pas aussi « soufflé » que par un blockbuster de Christopher Nolan, ce divertissement estival remplit son cahier des charges tout en proposant en filigrane une réflexion sur l’état du monde… et du cinéma.
Si Kate (Daisy Edgar-Jones) est une météorologue hors pair, c’est qu’avant de travailler à l’abri dans une agence à New York, elle chassait les tornades en Oklahoma. Elle y a même tragiquement perdu des collègues et des proches. Sollicitée pour tester sur le terrain une technologie révolutionnaire visant à mieux prédire ces phénomènes destructeurs, elle accepte, espérant sauver des vies. Sur place, elle et son équipe rencontrent des cowboys chasseurs de tornades, stars des réseaux sociaux et célèbres pour leurs vidéos extravagantes. D’abord agacée, Kate va réaliser qu’entre son équipe de scientifiques bardée de diplômes et cette bande de « rednecks » amateurs de tornadeos, les plus intègres ne sont pas ceux qu’elle croit.
Twist again ! Souvenez-vous, il y a 28 ans, Jan de Bont, réalisateur auréolé du succès de Speed revenait avec un blockbuster au concept fun et spectaculaire : Twister. Ce film d’action était une sorte de Dents de la mer où les requins avaient été remplacés par des tornades. Alors quand Hollywood, toujours obsédé à l’idée de servir la soupe à la nostalgie, décide de reprendre le concept en lui adossant « par les producteurs de Jurassic World », il y a de quoi craindre un énième recyclage bête et opportuniste. Et les premières minutes ne rassurent pas : personnages clichés, effets numériques grossiers, situations téléphonées… Pourtant, malgré cette introduction balourde, le film retombe sur ses pieds et propose un honnête divertissement porté par un personnage féminin fort et rempli de scènes spectaculaires. C’est déjà pas mal, mais il y a mieux. Le scénario propose plusieurs niveaux de lecture, qui sans être particulièrement profonds, s’avèrent suffisamment intéressants et croustillants pour placer ce Twisters définitivement au-dessus de la mêlée.
Il y a tout d’abord une composante politique assez étonnante dans un film de ce calibre. Kate déclare que la prédiction de tornades, c’est « moitié science, moitié religion ». Dans un contexte de chaos climatique et social, comment ne pas voir en ces deux équipes qui se disputent ces tornades, une métaphore de l’Amérique divisée entre trumpistes des champs et élites des villes. Derrière ses destructions spectaculaires, Twisters analyse assez pertinemment les mécanismes qui nourrissent le succès électoral d’un Donald Trump et plus généralement le populisme ambiant, notamment le mépris de classe et l’hypocrisie d’un discours humaniste cache-misère des intérêts du grand capital.
L’autre réussite, c’est le crypto-portrait féministe de son héroïne Kate. Plus qu’un simple personnage féminin fort, elle représente une jolie métaphore de l’émancipation du patriarcat, notamment lors d’une scène où elle enferme littéralement ses deux prétendants masculins pour pénétrer seule au cœur d’une tornade géante. Cette expérience intense à mi-chemin entre l’orgasme et la transcendance lui permet ainsi de dépasser ses peurs les plus profondes. Enfin, comme conscient de son statut de produit bâtard, Twisters situe son final dans une salle de cinéma, ultime protection quand tout s’effondre. Symbole d’une industrie en crise, l’écran est détruit, les murs se fissurent, mais les personnages s’accrochent désespérément à ces vieux fauteuils. Finalement, pas sûr que ce blockbuster sauve le cinéma, mais en tout cas, il rappelle qu’il reste un endroit merveilleux pour se divertir tout en réfléchissant sur l’état du monde.
Blaise Petitpierre
| Nom | Notes |
|---|---|
| Blaise Petitpierre | 14 |
| Marvin Ancian | 12 |