| Réalisé par | Emmanuel Laskar |
| Pays de production | France |
| Année | 2022 |
| Durée | |
| Genre | Comédie |
| Distributeur | Agora |
| Acteurs | Noémie Lvovsky, Louise Bourgoin, Emmanuel Laskar |
| Age légal | 12 ans |
| Age suggéré | 16 ans |
| N° cinéfeuilles | 925 |
Un film avec des morts-vivants qui ne fait pas peur. Un film sur un médium qui ne veut pas être médium, mais qui s’y résigne par amour. Un film qui s’écoule comme une musique languissante, au risque de l’ennui.
Au début, on flirte avec l’humour noir déchanté, cher à Quentin Dupieux. Michael assiste aux funérailles de sa mère. Le curé livre le dernier hommage à la disparue, quand le téléphone de Michael se met à vibrer, puis tombe sur le cercueil. Affolé, il plonge dans la fosse pour le récupérer. Hélas, il appuie sur la fonction haut-parleur si bien que l’assistance peut entendre la voix de sa compagne qui le largue en direct. La séquence suivante, sur le même ton, dévoile le sujet du film. La mère de Michael était médium, elle communiquait avec les morts. Michael a hérité de la même faculté. Mais il n’en veut pas, malgré les appels de pied de son entourage.
Qu’importe, à la barbe des réticences de Michael, joué par Emmanuel Laskar - réalisateur et scénariste du film -, Le Médium est bel et bien un film sur les fantômes et l’espoir très humain d’entrer en contact avec les âmes des trépassés. Sujet très cinématographique, s’il en est. Sujet qui touche à l’essence même du cinéma. Il suffit de se rappeler le nombre de métrages consacrés aux zombies et autres créatures de l’au-delà. Comme l’affirme Mireille Berton, auteure de Le Médium (au) cinéma (Georg, 2021): «Le cinéma n’est pas seulement un moyen idéal pour représenter les fantômes, il est aussi, le médium par excellence de la spectralité, à savoir un médium qui produit des images fantomatiques et qui permet de sauvegarder l’image d’êtres chéris au-delà de leur disparition». Roland Barthes avait dit en son temps la même chose au sujet de la photographie (La Chambre claire, 1980). Après cette entrée en matière prometteuse, on se frotte les mains. Or, la déception n’est que plus déplaisante à la vue de ce qui va suivre.
En deux mots, Michael finit par se résigner à son destin de médium. Il règle ses comptes avec le fantôme d’une mère encombrante (Noémie Lvovsky dont on se rappelle les performances dans Rois & reine, L’Apollonide ou Les Adieux à la reine) et vit une romance contrariée avec Alicia (Louise Bourgoin qu’on a vue récemment dans La Montagne de Thomas Salvador ou Un métier sérieux de Thomas Lilti). Jeune veuve, Alicia est hantée par l’absence/présence du mari dans la villa familiale très Le Corbusier, où se trémousse un énorme chien poilu nommé Satan (source de quiproquos un peu trop appuyés). Le tout se passe quelque part dans le Var, entre plage et collines verdoyantes, lors d’un été langoureux que Michael traverse bouche bée (littéralement).
Le film, qui aurait pu mettre en scène les errances désopilantes au royaume des morts d’un orphelin en mal d’amour, à la manière d’un Buster Keaton contemporain ou d’un Dante apocryphe, se désamorce en comédie languissante, quasi thérapeutique (forcément «feel good», à la suite d’une séance d’exorcisme avec le curé du coin). À la fin, pour la plus grande satisfaction de Michael, maman disparaît pour de bon au bras d’un mâle viril qui promet rires et jouissance. Quant à Alicia, elle pourra d’abord dire définitivement adieu à son époux, lors d’un ultime coup de reins via le corps possédé de Michael.
Marco Danesi
| Nom | Notes |
|---|---|
| Marco Danesi | 10 |