Le Comte de Monte-Cristo

Affiche Le Comte de Monte-Cristo
Réalisé par Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte
Pays de production France
Année 2024
Durée
Musique Jérôme Rebotier
Genre Fiction historique
Distributeur Pathé Films
Acteurs Laurent Lafitte, Anaïs Demoustier, Pierre Niney, Bastien Bouillon, Anamaria Vartolomei
Age légal 12 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 924

Critique

Depuis sa première publication en 1844, le célèbre roman de Dumas a fasciné le cinéma international aussi bien sur petit que sur grand écran. Cent douze ans après la première adaptation muette de Colin Campbell, le duo Delaporte / de La Patellière s’attaque à l’une des odyssées les plus populaires du romantisme français, avec style et fracas.

Défi colossal qu’est d’incarner l’histoire de la fameuse vengeance d’Edmond Dantès, face à la trahison et à l’adversité politique du début du 19e siècle. Maintes fois, les cinéastes se sont laissés embarquer dans cette épopée aux accents populaires en eaux méditerranéennes, pour dépeindre la ferveur de la condition humaine, en quête de justice et d’espoir. Dans cette version quelque peu fantastique, les vents de Dumas s’infiltrent dans le jeu d’un casting intelligent, qui débarque d’un pied mal assuré sur le port de Marseille.

Le jeune Edmond (Pierre Niney), marin aguerri à l’allure fluette, rentre en Provence pour épouser la douce Mercédès (Anaïs Demoustier). Le couple batifole en terre bourgeoise, préparant leur mariage dans une atmosphère bucolique insouciante, jusqu’à ce que leur dessein se voie contrecarré par l’arrestation d’Edmond lors du banquet. Accusé à tort de complotisme politique, vraisemblablement trahi par Fernand de Mortcerf (Bastien Bouillon) qui lorgne secrètement sur la promise. Ce faux ami mettra en œuvre une calomnie avec le concours du magistrat de Villefort (Laurent Lafitte) qui jettera le jeune marin désœuvré dans un cachot du château d’If. Nourrissant sa rancœur et sa peine pendant près de quatorze ans de réclusion, Dantès parviendra à s’enfuir pour se venger du tort qui lui a été causé, en s’inventant Comte de Monte-Cristo, mystérieux et charismatique homme de pouvoir.

Le film commence de manière prometteuse, même si les ellipses intempestives ont du mal à donner de l’ampleur à ce périple tumultueux, dont les nœuds narratifs sont censés plonger la conscience du public dans un doute permanent questionnant la nature profonde des protagonistes, plutôt que dans une fade linéarité romanesque. Le récit se retrouve étriqué au sein d’un pastiche historique, non sans panache, puisque le regard se perd avec plaisir dans le monumental travail de direction artistique. Réussissant cependant à créer une unité visuelle convaincante, l’action est soutenue par d’excellents acteurs qui se livrent avec passion dans ce classique de la littérature, mais peinent à faire rayonner avec aplomb leurs propres personnages. Le Comte de Monte-Cristo reste une puissante tragédie intemporelle, dont la tâche complexe de résumer les six volumes en images demeure incomplète.


Emilie Fradella

Appréciations

Nom Notes
Emilie Fradella 11