The Summer With Carmen

Affiche The Summer With Carmen
Réalisé par Zacharias Mavroeidis
Titre original TO KALOKAIRI TIS KARMEN
Pays de production Grèce
Année 2023
Durée
Musique Ted Regklis
Genre Comédie, Romance
Distributeur Xenix
Acteurs Yorgos Tsiantoulas, Roubini Vasilakopoulou, Andreas Labropoulos
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 924

Critique

Ce récit autofictionnel, baigné par la chaude lumière du soleil grec, oscille entre satire et introspection. C’est suffisamment malin et bien réalisé pour ne pas tomber dans l’exercice de style stérile.

C’est l’été. Deux amis se retrouvent sur une plage de nudistes. Demos (Yorgos Tsiantoulas) et Nikitas (Andreas Labropoulos) tentent d’y élaborer un scénario pour un film queer, drôle et surtout à petit budget. Ils vont s’inspirer de leur déroute sentimentale et de leurs parcours de vie pour construire une histoire qui ressemble furieusement au film qui se déroule sous nos yeux.

Un jeune cinéaste qui filme sa propre démarche de manière aussi frontale pourrait facilement tomber dans un exercice de style égotique et stérile. Et effectivement, il peut parfois y avoir le sentiment pour le spectateur de débarquer dans l’entre-soi d’un milieu qui ne le concerne pas directement ni ne l’intéresse. Mais cette sensation est désamorcée par l’excellente facture du film, que ça soit dans son interprétation ou ses cadrages. Les acteurs sont vraiment convaincants et bien dirigés. Il y a aussi quelque chose de fascinant de voir ces corps filmés sur une plage qui n’est pas sans rappeler celle de L’inconnu du lac. On dirait des kouros tout droits sortis de l’Antiquité. Ce dialogue avec le patrimoine culturel grec universalise habilement la mécanique du film, en philosophant sur l’art du récit et plus particulièrement sur le concept de héros. Cette approche maline et lumineuse compense au moins partiellement la superficialité et les répétitions d’un scénario archi revu.

Le film est conscient de ces limites (c’est même son propos) mais il n’échappe pas à une certaine vacuité. On y sauvera toutefois quelques fulgurances, comme le regard d’un prêtre à son amant ou les dialogues ciselés avec la mère de Demos. De manière générale, ses relations familiales sont bien plus intéressantes et originales que ses déboires sentimentaux avec son ex. The Summer With Carmen n’est donc pas une incroyable comédie ni un essai «arty» arrogant. Il pourra nous amener un peu de soleil, de mer et de chaleur méditerranéenne, ce qui n’est pas négligeable après ce morne printemps.

Blaise Petitpierre

Appréciations

Nom Notes
Blaise Petitpierre 13