Juliette au printemps

Affiche Juliette au printemps
Réalisé par Jean-Pierre Darroussin, Blandine Lenoir
Pays de production France
Année 2024
Durée
Musique Bertrand Belin
Genre Comédie dramatique
Distributeur cineworx
Acteurs Sophie Guillemin, Izïa Higelin
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 924

Critique

Juliette est dessinatrice pour enfants. Elle revient dans sa campagne natale pour y passer quelques jours avec sa famille: son père qui ne s’exprime qu’en blagues et en calembours, sa sœur que son statut de mère de famille étouffe, sa maman fantasque et sa grand-mère devenue dépendante. La rencontre avec un voisin, une déprime qui couve et des traumatismes lointains qui remontent des profondeurs rendront le séjour moins prévisible qu’elle n’aurait pu le craindre.

Les histoires de famille plus ou moins ordinaires dans un environnement bourgeois représentent un filon surexploité par les comédies à la française, du pire (Papa ou maman et tant d’autres exemples) au meilleur (Le Discours) en passant par le tout-venant. Difficile, dans ce genre vu et revu, de trouver la grande originalité, le ton ou les personnages novateurs, qui feront une vraie différence. Juliette au printemps y parvient-il? Non, même si la vulgarité et l’autosuffisance sont absentes, que certaines répliques font sourire et que l’aspect aérien, sensoriel et légèrement décalé, propre à la bande dessinée est soigneusement reconstitué. Mais, que diable, où est la prise de risque? Où est le grain de folie?

Quelques années après le très joli Rosalie Blum, voici une nouvelle adaptation à l’écran d’une BD de Camille Jourdy (Juliette, les fantômes reviennent au printemps). Le film manque singulièrement de rythme, de grands éclats de rire ou de tendresse profonde. La caméra s’attarde sur des visages expressifs sans que cela ne nous bouleverse. S’il y a un regard tendre sur des situations amusantes (une conversation autour d’un repas familial où les personnes présentes n’ont tellement rien à se dire qu’elles n’arrêtent pas de discuter de la qualité du gratin), tout cela manque de loufoque. Il y a bien l’amant qui vient rendre visite à sa maîtresse, déguisé en lapin, dans plusieurs scènes où la cinéaste s’attarde trop longuement sur Sophie Guillemin en tenue d’Eve, sans que cela soit réellement utile. Il y a le voisin, le sympathique Pollux, le seul personnage vraiment humain dans le fond, qui parle à son canard et trouve les mots justes en toutes circonstances. On aborde les thèmes de la mémoire, de la dépression, de la solitude, de la valeur d’un sourire, de l’absence, de la chaleur humaine, en se contentant malheureusement de les effleurer, ce qui laisse le spectateur en dehors de l’histoire, malgré quelques répliques drôles ou bien trouvées.

Juliette au printemps tient grâce à la qualité de sa distribution. Izïa Higelin, la trop rare Sophie Guillemin (vue aux côtés de Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus dans La Tête en friche), Jean-Pierre Darroussin ou Salif Cissé s’amusent dans la légèreté et la tendresse. Et aussi grâce aux vingt dernières minutes, dans lesquelles tout se met en place et où le récit décolle réellement. Le film est une chronique douce-amère qui manque singulièrement de piquant, dont on sort pareil à ce qu’on était en entrant, mais qui se termine de la bonne manière, avec ce printemps qui représente un nouveau départ pour tous les protagonistes.


Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 10
Pierig Leray 12