Röbi s’en va

Affiche Röbi s’en va
Réalisé par Christian Labhart, Heidi Schmid
Titre original RÖBI GEHT
Pays de production Suisse
Année 2023
Durée
Musique Paul Giger, Patent Ochsner
Genre Documentaire
Distributeur Royal Film
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 923

Critique

Christian Labhart est un réalisateur et producteur indépendant zurichois. Singulier dans sa démarche autodidacte, et constamment engagé dans le sociopolitique, avec plus de 18 films à son actif depuis les années 2000. Pour cet opus, il livre un regard humble et éclairé sur le suicide assisté à travers ce documentaire, coréalisé avec sa compagne Heidi Schmid.

Une silhouette aussi mince qu’élancée se dessine à travers les chutes de neige estivale. Cette silhouette, c’est Röbi, qui approche bientôt de ses 76 ans. Lanciné par une maladie incurable, il est temps pour lui de retracer le chemin parcouru aux côtés de sa femme Heidi et de son entourage. Robert Widmer-Demuth, de son nom complet, a dirigé le Suneboge, un établissement d’accueil pour hommes sans abri, construit en 1965 lors d’un hiver impitoyable par le célèbre pasteur Sieber. Röbi s’inscrit dans la même vocation humaniste et raconte avec humilité la vie qu’il a dédiée aux plus démunis. De cette existence riche de sens découle une douce philosophie sur la mort qu’il décide d’accueillir avec dignité. Se sachant condamné, l’ancien travailleur social refuse tout traitement médical par acquit de conscience. Son dernier chapitre sera choisi à défaut d’être imposé, puisqu’il souhaite recourir au suicide assisté. Dès lors, proches, famille et anciens pensionnaires du Suneboge se retrouvent dans le salon du grand homme, de plus en plus affaibli. Assis côte à côte ou face à face, les paroles des visiteurs s’entremêlent aux siennes, discutant des souvenirs, de leur confrontation à la réalité, de la maladie, témoignant du rapport que chacun entretient au monde et à la vie.

Entrecoupé d’archives super 8, de photos et d’extraits de journaux, Röbi s’en va est un documentaire délicat, saisissant un des rares moments d’humanité où l’énergie s’amenuise, où l’existence touche à sa fin. Accepter de partir, accepter que l’autre s’en aille, sont des concepts psychologiquement complexes, difficilement abordables dans le cadre d’un documentaire aussi intimiste. Cependant, la simplicité du dispositif neutralise la lourdeur de la situation, en n’usant ni d’emphase ni de dramatisation. Il en résulte un discours très doux, transmettant avec justesse la bienveillance de Robert Widmer-Demuth, également de son entourage, apportant un témoignage significatif, et humaniste de l’emploi du suicide assisté.


Émilie Fradella

Appréciations

Nom Notes
Émilie Fradella 11