| Réalisé par | Enst De Geer |
| Titre original | HYPNOSEN |
| Pays de production | Suède |
| Année | 2023 |
| Durée | |
| Musique | Peder Kjellsby |
| Genre | Comédie dramatique |
| Distributeur | Xenix |
| Acteurs | Herbert Nordrum, Asta Kamma August, Andrea Edwards |
| Age légal | 16 ans |
| Age suggéré | 16 ans |
| N° cinéfeuilles | 921 |
Cette satire scandinave déglingue le patriarcat tel un éléphant dans un showroom d’Ikea. Bourrin, efficace, mais facile!
André (Herbert Nordrum) et Vera (Asta Kamma August) sont des «winners»! À la ville, ils sont codéveloppeurs d’une application prometteuse destinée à prendre en charge et soulager des problèmes de santé féminins. Ils forment aussi un couple épanoui dans la vie. Toutefois, à l’approche d’un exercice de présentation auprès d’investisseurs pour leur application, un «pitching» comme on dit dans le milieu, Vera consulte une hypnothérapeute, car elle recommence à fumer, vraisemblablement sous l’effet du stress… ou peut-être pas.
Cette satire acérée, empreinte de misanthropie typiquement scandinave, tire sa force de ses faiblesses: elle ne fait pas dans la dentelle! Dès les premiers instants, le film instaure un climat oppressant et malaisant qui persiste jusqu’à la dernière seconde. Cela est principalement dû à André, un personnage aussi médiocre que toxique et dangereux, malgré son apparence de gendre idéal. Bien que l’intention soit louable, elle est tellement appuyée qu’elle empêche les protagonistes d’exister au-delà des concepts qu’ils représentent. On est ici face à ce qui ressemble à un excellent court métrage, mais qui a été étiré au format long. La force du concept et de la métaphore est bel et bien mise en exergue par une mise en scène aussi léchée que surlignée pour aborder frontalement des questions d’émancipation féministe, de greenwashing et même de lutte des classes. En revanche, pour ce qui est de développer des personnages et des enjeux humains, on repassera. Il est clair que dans ce milieu de start-up, de licornes et d’investisseurs, l’hypocrisie et la superficialité sont rois et qu’il n’est pas nécessaire de forcer le trait pour rendre ce petit monde caricatural. Si le constat de The Hypnosis est parfaitement pertinent, il est aussi extrêmement facile. À condition de couver une infime fibre révolutionnaire, on peut accrocher à cette délectable cruauté punk et quasi nihiliste, avec laquelle Enrst De Geer sulfate les vices d’un monde bobo et bien-pensant. C’est aussi libérateur et superficiel qu’une séance de lancer de haches.
Blaise Petitpierre
| Nom | Notes |
|---|---|
| Blaise Petitpierre | 12 |