Inshallah A Boy

Affiche Inshallah A Boy
Réalisé par Amjad Al Rasheed
Titre original INSHALLAH WALAD
Pays de production Jordanie, France, Arabie Saoudite, Égypte, Qatar
Année 2023
Durée
Musique Jerry Lane, Andrew Lancaster
Genre Drame
Distributeur Trigon
Acteurs Haitham Ibrahem Omari, Mouna Hawa, Yumna Marwan
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 921

Critique

Premier long métrage dirigé par le réalisateur jordanien Amjad Al Rasheed, le film suit Nawal, une jeune femme endeuillée qui prétend tomber enceinte pour garder la propriété de ses biens, en particulier de son appartement. Un drame socialement inscrit, décrivant le parcours d’une famille monoparentale qui se retrouve confrontée aux injonctions patriarcales de la société jordanienne, mais qui pèche par une mise en scène trop précisément académique.

Il a fallu six ans pour que le projet d’Amjad Al Rasheed soit finalisé. Six années pendant lesquelles il a parcouru les festivals, les marchés du film, les concours pré- et postproduction à la recherche de fonds, de sponsors mais également de paroles de femmes. À partir de ces éléments, son équipe et lui-même construisent le personnage de Nawal. Elle déambule entre différentes sphères empreintes de sexisme: l’héritage, l’avortement, le harcèlement de rue, le classisme, la pauvreté, la famille. L’actrice palestinienne Mouna Hawa délivre une performance nuancée et complexe, car le jeu se doit d’incarner les différentes facettes du quotidien: être mère, réagir au sexisme de rue, défendre ses droits matrimoniaux face aux juges ou encore falsifier un test de grossesse.

Nawal se retrouve souvent seule dans ces diverses épreuves. Elle est éloignée du cadre ou au contraire découpée par celui-ci, opposée à ses interlocuteurs ou interlocutrices. Le film présente quelques rares moments de liaisons: Nawal qui étreint sa fille, Nawal et la confession de Lauren, Hassan et son admiration pour Nawal. À l’instar des lois patriarcales (qui ne sont évidemment pas l’apanage de la Jordanie) dictant la conduite des corps des femmes, le film dirige la monstration de ces corps, tantôt en les rassemblant et les unifiant, tantôt en les découpant, les morcelant, les perdant dans la ville montagneuse et houleuse d’Amman. Malgré une proposition métaphorique du cadrage, la mise en scène se cantonne à un académisme certain: le champ-contrechamp qui accompagne la plupart des dialogues, les plans descriptifs d’un lieu avant que l’héroïne n’y pénètre. Nécessaires pour pouvoir situer l’espace traversé et la déambulation de son héroïne, mais rapidement répétitifs dans son déroulé.

Finalement, malgré une mise en scène parfois lourde, souvent redondante, le film intéresse par la finesse de l’étude d’un parcours d’une femme endeuillée à travers la législation jordanienne et ses propres stratifications sociales.


Julien Norberg

Appréciations

Nom Notes
Julien Norberg 14
Marvin Ancian 16
Pierig Leray 13